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Industrie/Commerce L’Ilec démonte les arguments des distributeurs mécontents de la loi Chatel

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Les industriels de produits de marque continuent d’observer avec inquiétude le lobbying de la distribution en faveur d’un nouveau changement à la loi Chatel tel qu’elle vient d’être votée à l’Assemblée. Et rappellent en conséquence que l’on a déjà « une vraie réforme » suffisante pour assagir les prix.

Alors que le projet de loi pour le développement de la concurrence au service des consommateurs (loi Chatel) a été adopté par l’Assemblée nationale, les pressions continuent à s’exercer pour obtenir la négociabilité des CGV, note l’Ilec au nom des industriels de grandes marques dans un communiqué publié au moment même du vote. Les arguments des fabricants restent d’actualité dans la mesure où le texte n’a pas fini son parcours parlementaire et où il sera peut-être suivi d’un autre au printemps, si l’on en croit les propos répétés du président de la République sur le pouvoir d’achat.

Or, « qui a dit que le projet de loi de Luc Chatel ne changerait pas grand-chose ? », ironise l’Ilec qui y voit « une vraie réforme car il permet aux distributeurs de réintégrer la totalité de leurs négociations dans le prix de vente au consommateur, pour autant qu’ils le souhaitent. Autrement dit, les distributeurs auront la possibilité de vendre un produit au prix coûtant. Ils obtiennent la liberté de leurs prix consommateurs et de leurs marges.

Qui a dit que les industriels étaient responsables de la hausse des prix ?

De 1998 à 2006, les prix de vente réels des industriels (après négociation) ont baissé de 9 % en euros constants, tandis que la marge des distributeurs sur les grandes marques est passée de 35 % à 53 % par rapport à leur prix d’achat réel. Et au mois d’octobre 2007, les marques de distributeurs ont augmenté de 3,3 % par rapport à l’année précédente, tandis que les marques de fabricants n’augmentent que de 1,7 %, soit la moitié.

Qui a dit que le projet de loi de Luc Chatel ne permettait pas de négocier les tarifs ?

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Par rapport à un indice de 100 en 1998, quand l’indice des prix à la consommation atteint 122 en 2007, celui de la marge du distributeur atteint 183 après négociation. Aujourd’hui, la distribution a déjà le pouvoir de négocier son prix d’achat réel, en 2008 elle pourra répercuter tout ce qu’elle voudra dans les prix de vente aux consommateurs.

Qui a dit que les distributeurs n’étaient pas assez forts pour négocier les tarifs des industriels ?

Il y a 7 distributeurs de produits de grande consommation à dominante alimentaire face à 35 000 industriels. Même un gros industriel pèse moins de 1 % dans le chiffre d’affaires d’un distributeur. A l’inverse, le plus gros distributeur pèse 25 % du chiffre d’affaires de l’industriel de marques. Par conséquent, le rapport de force entre industriels et distributeurs est largement déséquilibré.

« Aujourd’hui, la distribution veut rompre avec le système actuel pour obtenir plus d’avantages financiers sans avoir à offrir les contreparties indispensables à la croissance des marques, et le tout avec une pleine sécurité juridique», conclut l’Ilec.