Abonné

Industrie/Commerce L’ILEC salue le retour de la concurrence entre les enseignes

- - 3 min

Les écarts de prix entre enseignes ne cessent de croître sur les grandes marques sous l’effet des réformes de la loi Chatel et de la LME. Depuis 2006, ils ont doublé entre l’enseigne la plus chère et l’enseigne la moins chère, signe d’un retour à la concurrence au bénéfice du consommateur, se félicite l’ILEC. Et rien n’indique qu’une inflexion soit à attendre, selon son président Olivier Desforges qui redoute seulement que la déflation liée à la crise n’empêche désormais les grandes marques d’innover et d’enrichir l’offre.

L’Ilec (Institut de liaison et d’études des industries de consommation), qui représente les industriels de la grande consommation, vient de publier une analyse des effets de la loi Chatel, confortée par la LME, sur l’intensité concurrentielle entre enseignes et son impact sur les 140 plus grandes marques nationales. Mois après mois, l’incidence est de plus en plus forte pour les prix des produits de grande consommation, observe l’ILEC sur la base des chiffres mis au point avec le panéliste IRI. Ceux-ci font apparaître une évolution des écarts de prix entre les deux enseignes les moins chères, et les deux enseignes les plus chères : la différence s’établissait à 5,7 % en janvier 2006, et vient d’atteindre 12,7 % en avril 2009. Le changement est notable et a été amorcé lorsque la loi Dutreil a limité en 2006 le montant incompressible de la marge arrière des distributeurs à 20 %, réduite à 15 % en 2007, puis à 0 % en 2008 par la loi Chatel. Auparavant, les enseignes pratiquaient en France des prix très élevés qui sont donc allés en se modérant sous l’effet de ces réformes successives.

Outre qu’ils étaient excessifs, les prix étaient alignés les uns sur les autres, les distributeurs pouvant, du fait de la loi Galland, caler leurs prix de vente sur le seuil de revente à perte, certains qu’ils étaient de gagner de l’argent grâce aux seules marges arrière dont la part dans le prix facturé par les fournisseurs a pu grimper, rappelle l’ILEC, jusqu’à 35 % à la fin 2005.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

concurrence
Suivi
Suivre
consommation
Suivi
Suivre

L’uniformité des prix à la consommation constatée en France, très supérieure à ce qu’elle était dans le reste de l’Europe, attestait le défaut de compétition par les prix, critères ultime de la concurrence. Aujourd’hui, se félicite Olivier Desforges, « la concurrence commence à jouer à plein et bénéficie aux marques nationales, dont les prix connaissent aujourd’hui une hausse limitée à 0,1 % en avril, selon IRI France. Ce sont elles en effet, et elles seules, qui permettent de comparer objectivement les prix entre circuits et enseignes. Il est à souhaiter que le mouvement se poursuive avec de plus en plus de transparence, par le jeu des prix affichés et non par le recours à des artifices promotionnels ultra-complexes qui rendent les prix illisibles ». Et le président de l’ILEC de souhaiter que l’innovation et l’enrichissement de l’offre permettent aux grandes marques d’ « échapper à la principale menace qui se profile pour notre économie et qui n’a plus pour nom l’inflation, mais bien la déflation dans le contexte d’une crise macro-économique d’une extrême violence ».