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RÉSULTATS/GROUPE COOPÉRATIF Limagrain poursuit sa croissance dans « un contexte difficile »

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Le groupe coopératif Limagrain a vu son chiffre d'affaires grimper à 1,969 milliard d'euros (+1,5 %) sur l'exercice 2013-14, mais son résultat net tomber à 97 millions d'euros (-11 %) dans « un contexte difficile » en raison d'effets de change défavorables et des tensions géopolitiques mondiales, ont annoncé les dirigeants du groupe le 1er décembre. « Ces très bons résultats confirment la solidité de Limagrain sur l'ensemble de ses activités et de ses territoires et la pertinence de sa stratégie », a déclaré le président Jean-Yves Foucault en conférence de presse à Paris. Pour expliquer le recul du bénéfice, le groupe a pointé le « contexte monétaire volatil et défavorable », qui s'est traduit par une perte de change d'environ 17 millions d'euros. La situation « géopolitique a compliqué la tâche des équipes sur le terrain », en Russie et en Ukraine, au Moyen-Orient ainsi qu'au Venezuela. Il s'agit toutefois du deuxième meilleur bénéfice de Limagrain sur les vingt dernières années.

« Limagrain gagne des parts de marché sur la plupart des produits », a noté le directeur général Daniel Chéron. Principale activité du groupe (43 %), les semences de grandes cultures ont réalisé un chiffre d'affaires en hausse de 2 %, à 850 millions d'euros. Deuxième pilier (29 %), les graines potagères ont augmenté de 7 %, à 563 millions d'euros. « Nous ne sommes pas très loin du numéro un Monsanto et pouvons espérer être en position de tête », a-t-il estimé. La boulangerie-pâtisserie (15 % des ventes) a gagné 4 % à 303 millions d'euros. « Notre politique d'innovation porte ses fruits, a considéré Daniel Chéron. Les marques Jacquet, Brossard et Savane progressent fortement. »

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Le groupe a qualifié l'exercice 2013-14 d'« offensif », avec plus de 100 millions d'euros investis en corporel et quasiment autant en acquisitions. L'effort de recherche s'est intensifié à 200 millions d'euros, soit 13,5 % du chiffre d'affaires, qui le situent à un niveau élevé pour le secteur. Ce « levier de croissance » pour Limagrain a permis le lancement sur 2013-14 de plus de 500 variétés de semences et de 7 nouveaux produits Jacquet et Brossard.

Largement axé sur le marché européen (64 % du chiffre d'affaires, la France pesant 31 %), Limagrain confirme sa volonté de conquête des autres continents. Les positions du groupe restent à construire en Asie-Pacifique (7 %), en Afrique et Moyen-Orient (6 %). Elles sont davantage affirmées dans les Amériques (23 %). Le marché américain demeure en phase de test dans la boulangerie. « Deux possibilités sont à l'étude aux Etats-Unis, entre la mise en place de ligne de fabrication et la signature de joint venture, a signalé Daniel Chéron, confirmant ce qu'il nous avait déjà déclaré (Agra Alimentation du 9 octobre). On tranchera en cours d'exercice. » La stratégie est d'occuper des niches de produits haut de gamme. « On teste des crêpes, des gaufres. Le pain sans croûte n'existe pas là-bas. » Au Brésil, Limagrain a mise en route, au mois d'octobre, une première ligne de production de mini Savane à marque Jacquet. Avec succès puisqu'une seconde pourrait suivre.