Abonné

Coopération Limagrain s’internationalise sur des résultats en baisse

- - 5 min

Sur l’exercice 2011-2012, clos au 30 juin, la coopérative Limagrain a enregistré une baisse de ses résultats. Un repli relatif qui cache une réelle croissance de l’activité du groupe à l’international. Sur les marchés des semences, comme sur ceux de l’agroalimentaire, Limagrain tente de conquérir les pays en croissance, bien au delà de son ancrage auvergnat.

«Le développement international du groupe a aussi pour but de ramener de la valeur ajoutée aux adhérents » indiquait Daniel Chéron, directeur général de Limagrain, lors d’une conférence de presse le 7 novembre. L’objectif du groupe, défendre la compétitivité et l’avenir des exploitations agricoles adhérentes à la coopérative. Des partenariats avec des entreprises, ou leur rachat, à travers le monde, permettent ainsi d’acquérir certaines technologies, notamment semencières, et d’accéder à des marchés en croissance.

Les déboires chinois de Limagrain

Le résultat net de Limagrain pour l’exercice 2011-2012 est de 88 millions d’euros (M€), contre 92 M€ sur l’exercice précédent. Pour Daniel Jacquemond, directeur financier de la coopérative, « les 92 M€ de l’exercice précédent comprenaient 30 M€ liés à une plus-value sur le dénouement d’une participation dans une entreprise chinoise. Hors plus-value exceptionnelle, le résultat net sur 2011-2012 serait ramené à 62 M€ ». En effet, une « joint venture » de Limagrain avec une société chinoise, dédiée aux semences de riz, a tourné court sur l’exercice 2010-2011, Pékin estimant que la recherche sur cette graminée était une affaire stratégique nationale. Par ailleurs, Limagrain a dégagé un chiffre d’affaires consolidé de 1,78 milliard d’euros, contre 1,55 milliard d’euros en 2011, soit une progression de près de 15 %.

L’activité reste internationale malgré tout

Le chiffre d’affaires de Limagrain est réalisé à 65 % en Europe « au sens large », 21 % dans les Amériques, 7 % en Asie-Pacifique et 7% en Afrique et au Moyen-Orient. « Le prix des commodités agricoles a été porteur pour nos activités » selon Daniel Jacquemond, qui précise que cela était particulièrement vrai pour les semences de grandes cultures comme le maïs, qui est un « marché cible » pour la coopérative. Daniel Jacquemond a ainsi montré que sur 2011-2012 les surfaces de maïs avaient progressé de 3 % dans l’Union européenne à 15,1 Mha, de 5 % aux Etats-Unis à 39 Mha et de 4 % au Brésil à 15,8 Mha. Ainsi, l’activité semence de maïs participe pour 25 % au chiffre d’affaires de la coopérative, avec notamment un bon développement outre-Atlantique et la création de nouveaux partenariats en Asie. Le secteur des semences de d’oléagineux et de protéagineux participe pour 9% au chiffre d’affaires et les autres semences de grandes cultures pour 7 %.

Une croissance externe soutenue

« Le groupe est à 50 % sur de la croissance interne et 50 % sur de l’externe » soulignait Daniel Chéron, en indiquant que l’intégration du groupe Brossard par Jacquet « s’était bien passée » durant cet exercice. Ainsi, Limagrain rachète des entreprises, prend des participations ou noue des partenariats en France et dans le monde, principalement dans le secteur des semences, mais aussi dans l’agroalimentaire. Au niveau des semences de grandes cultures, Limagrain tente de reconstruire un partenariat avec des entreprises chinoises sur le maïs. Le même genre d’accord sur cette espèce a eu lieu en Inde et au Brésil sur le dernier exercice. Pour les semences potagères, l’Inde et les Etats-Unis ont aussi vu Limagrain s’immiscer dans des entreprises locales sur le dernier exercice, ainsi que sur celui en cours. Enfin, l’acquisition du semencier brésilien Guerra par Limagrain en 2011, qui lui permet déjà de se développer sur le marché des semences au Brésil, va s’étendre à l’agroalimetaire. En effet, un nouveau partenariat avec Guerra, disposant d’une activité agro-alimentaire au Brésil, va permettre à Limagrain d’accéder, sous les marques Jacquet-Brossard, au marché de la pâtisserie industrielle brésilien. Si pour le lancement des produits l’usine de Pithiviers produira pour exporter au Brésil, fin 2013 la production devrait être réalisée dans le pays ciblé.

Contrats et valeur ajoutée

Les activités de Limagrain reposent sur trois grands secteurs imbriqués, les semences de grandes cultures, potagères et l’agroalimentaire. Selon Jean-Yves Foucault, président de la coopérative et agriculteur, « la stratégie de Limagrain vise à bâtir des filières pour extraire l’adhérent de la logique de marché ». L’idée étant de « sécuriser les revenus et non de jouer le marché ». Ainsi, la mise au point de variété de grandes cultures répondant spécifiquement aux besoins de l’industrie, pour produire par exemple des farines fonctionnelles améliorant les processus de production, fait partie de la stratégie de Limagrain. Des productions sous contrats, avec des primes de qualité, permettant d’assurer un « tunnel de prix » aux adhérents et de donner de la visibilité aux entreprises agricoles. Limagrain se place d’ailleurs numéro un européen des farines fonctionnelles. Des productions sous contrat, et à haute valeur ajoutée, permettant de répondre aux besoins de Jacquet-Brossard, section boulangerie, viennoiserie et pâtisserie industrielle de Limagrain, mais aussi de nouer des contrats pour la fourniture d’ingrédients céréaliers à des entreprises comme Nestlé.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

entreprises
Suivi
Suivre
coopérative
Suivi
Suivre