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L’agriculture peut-elle accepter durablement de voir ses écarts de revenus se creuser comme ils se creusent ? Près de 95 000 euros de résultat courant avant impôts à tout juste 8 000 euros pour les maraichers. Soit un multiplicateur de plus de 10. Encore s’agit-il de moyennes, qui ne prennent pas en compte des critères tels que la taille des exploitations qui peuvent accentuer les écarts. Ou encore, le fait régional, ou bien aussi le fait de livrer sa production à une société en pleine santé ou au contraire, à une entreprise qui bat de l’aile. L’exemple de Doux a bien montré le sort défavorable réservé aux plus de 800 exploitants livrant à l’industriel. Et puis, au sein même d’une spéculation identique, les écarts deviennent considérables.
Sera-t-il possible de maintenir la cohésion du monde agricole avec de tels écarts ? D’autant qu’ils risquent d’être encore plus élevés au fur et à mesure que le rôle de la Pac s’atténuera. Certes, on est loin du coefficient de 20 présenté par le Premier ministre comme un maximum au sein d’une même entreprise. Mais tout de même…
Ce sont surtout les syndicalistes qui devraient s’inquiéter de tels écarts. Comment maintenir l’unité du monde agricole avec de telles différences ? Comment éviter que certains agriculteurs se sentent de plus en plus des exclus d’une marche en avant qui risque de les laisser au bord de la route. Le gouvernement actuel devrait-il se fendre d’une politique de correction des inégalités en agriculture ? Ce serait une première. Et puis ce serait sans doute peu efficace. Ce qu’il faut, c’est agir en amont sur ce qui forme les revenus. C’est-à-dire la régulation des prix ou des crises, l’organisation des filières, la formation, l’accès au foncier, etc. Ce sera sans doute une des composantes de la future loi-cadre agricole.
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