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Travail du sol L’impact du sans-labour sur l’environnement plutôt positif

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Le 23 octobre, des experts d’Arvalis et de l’Inra ont présenté l’état des savoirs concernant l’impact du sans-labour sur l’environnement. Le bilan semblerait plutôt positif… Même si les connaissances sont insuffisantes.

Quelque 35 % des surfaces de grandes cultures, c’est ce qu’ont représenté les techniques culturales sans labour en 2005. Un chiffre en constante hausse depuis 10 ans. C’est sur les sols argilo-calcaires, dans le grand Sud et particulièrement dans le Sud-Ouest que se développent ces techniques, qui concernent en priorité les cultures d’automne et les exploitations de grandes tailles. Ces données ont été rassemblées dans le cadre d’une étude commanditée par l’Ademe, à laquelle ont participé quelque 70 personnes issues d’organismes comme Arvalis, l’Inra ou le Cetiom. Objectif de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie : établir un état des connaissances pour comprendre les impacts environnementaux du sans-labour, technique en développement croissant qui fait régulièrement l’objet de polémiques. Au cours d’un colloque organisé à Paris le 23 octobre, quelques experts ont présenté les résultats de ce travail, fruit de la compilation des données existantes.

Un couvert végétal maintenu

L’un des principaux constats : l’atout essentiel d’un sol non labouré est de porter en permanence un couvert végétal. Ce qui permet de limiter des formes d’érosion et de ruissellement ou de favoriser le développement de certains micro-organismes comme les lombrics, grâce à la teneur en matière organique plus forte en surface. En l’absence de labour, la porosité et la structure du sol changent. Mais cela ne semble pas augmenter les pertes d’azote par lessivage. Le sans-labour contribuerait même à réduire les pertes en phosphore total et le ruissellement des produits phytos. Il augmenterait également le potentiel de stockage de carbone. Sauf qu’à l’inverse, comme les engrais et les apports organiques ne sont pas enfouis, le phosphore dissous se transfert plus facilement dans la nappe. Et côté phytos, les infiltrations en profondeur sont plus importantes. La technique favorise également le développement de certains insectes et ravageurs, comme les limaces ou la pyrale du maïs, ainsi que certaines maladies tel le phoma sur le colza. Concernant les émissions de gaz à effet de serre, les données sont contrastées et rares. Difficile d’en tirer une conclusion claire.

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Les expérimentations manquent

Bilan : il reste beaucoup d’imprécisions. En France, par exemple, un seul essai de longue durée (30 ans) en techniques culturales sans labour existe à Boigneville. D’une étude à l’autre, les données sont souvent très difficiles à comparer compte tenu de la diversité des réalités agronomiques. Par ailleurs, les travaux de recherche portent souvent sur du semis direct, alors que dans la pratique, cette technique reste rarement utilisée par les agriculteurs, qui en France préfèrent réaliser un léger travail du sol. Des points restent encore carrément obscurs : « Il n’existe pratiquement pas de données de portée générale sur l’effet des TCSL sur la volatilisation des pesticides », a notamment signalé Jean-Claude Germon, chercheur à l’Inra de Dijon. Mais, même s’il reste encore beaucoup de travail à fournir, l’Ademe estime pour l’instant le résultat de cette première phase de travail plutôt positif pour les TCSL.