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Diversification L’impératif écologique peut relancer la filière déshydratée

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La luzerne déshydratée peut connaître un nouveau développement à travers l’impératif du développement durable, voire à travers l’essor des conversions à l’agriculture biologique. C’est ce qu’a montré une journée organisée le 17 septembre par Coop de France, autour de la Sidésup, l’usine de déshydratation d’Engenville (Loiret).

Le cas de la Sidésup, Sica de déshydratation de la luzerne à Engenville, près de Pithiviers, présenté le 17 septembre à la presse par la division «  fourrages déshydratés » de Coop de France, met en évidence la capacité de la filière à regagner des surfaces, après les reculs entraînés par la réduction du soutien spécifique à la luzerne déshydratée.

Une plante appréciée des producteurs bio
L’usine de déshydratation, qui transformait la production de 1 600 hectares en 2006, a vu les surfaces chuter à 700 hectares les années suivantes en raison des DPU, qui ont atténué l’intérêt des producteurs pour cette culture spécifique qu’est la luzerne. Mais les surfaces sont remontées à 1 000 hectares en 2010 et la Sidésup attend 1 300 hectares en 2011.
« Nous regagnons des surfaces de luzerne par la demande de l’agriculture biologique, qui a besoin de rotations longues, et qui recherche des plantes riches en protéines autres que le soja », a indiqué Jean-Marie Bélières, directeur de la Sidésup. La luzerne est une aubaine pour l’agriculture biologique parce qu’elle offre à la fois des protéines autres que le soja, plante qui ne fait pas partie de son cahier des charges, et parce qu’elle apporte de l’azote au sol, remplaçant ainsi les engrais azotés chimiques. Gérard Beauvallet, céréalier à Manchecourt, dans le Loiret, a rappelé que la luzerne enrichit le sol en azote sans épandage d’engrais nitratés, par sa capacité à fixer l’azote atmosphérique.

Dans l’attente des mesures agri-environnementales
Autre atout, selon les agriculteurs bio, elle nécessite peu de passages de tracteur, et donc peu de fioul, car c’est une plante triennale ; et elle nécessite peu de traitements phytosanitaires. Ces avantages sont bien sûr prisés par les agrobiologistes, mais aussi utiles à l’ensemble des agriculteurs, l’impératif du développement durable devenant de plus en plus la condition des soutiens européens.
En outre, la luzerne déshydratée biologique étant vendue 50% plus cher que la conventionnelle, sa culture redevient attractive pour bon nombre de producteurs, a relevé le directeur de la Sidésup.
Ces atouts pour un nouveau développement sont néanmoins trop récents pour être généralisés. Le soutien spécifique à la luzerne déshydratée devant cesser à la fin 2011, les professionnels élaborent des solutions à proposer à Bruxelles. « On peut soit demander le report de la suppression du soutien, de 2011 à 2013, afin d’être en cohérence avec la réforme de la Pac de 2013. Soit miser sur les mesures agri-environnementales du prochain Plan de développement rural hexagonal, qui débutera en 2014 », a évoqué Éric Guillemot, directeur de la division « fourrages déshydratés » de Coop de France.

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