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Sofiprotéol L'incorporation de biodiesel à plus de 7% encouragée mais pas applicable

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L'incorporation de biodiesel à plus de 7% à la pompe est encouragée, mais pas applicable pour le moment, en l'absence d'une norme réglementaire, indique Sofiprotéol, le groupe industriel de la filière oléagineuse, prêt à investir pour répondre aux nouveaux objectifs gouvernementaux. L'investissement que prévoit le groupe dans la production de biodiesel à partir de lipides non comestibles est suspendu à une mesure réglementaire sur la composition des carburants.

TOUTES les conditions sont réunies pour dépasser le taux de 7% d'incorporation de biodiesel: la loi de Finances a été votée en ce sens en décembre dernier, suivant en cela la position du président de la République, a déclaré à Agra Michel Boucly, directeur général adjoint de Sofiprotéol, le 20 mars. Qu'est ce qui bloque? « Le fait que l'arrêté organisant les nouvelles  normes n'est toujours pas publié par l'administration ».

Une bonne compréhension des enjeux par le gouvernement

Pourtant, « nous faisons partie d'un des 34 groupes de travail constitués par Arnaud Montebourg, celui de l'énergie et de la chimie renouvelables, correspondant aux 34 secteurs identifiés pour la réindustrialisation du pays, où il est justement question de lever les freins à la reconquête industrielle», a précisé Michel Boucly. Dans ce groupe de travail, Sofiprotéol se trouve aux côtés d'industriels comme l'amidonnier Roquette, le chimiste Solvay, le pétrolier Total, sous l'égide de Pascal Barthélémy, directeur adjoint de l'IFPEN, l'institut du pétrole et des énergies nouvelles.

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« Arnaud Montebourg a bien intégré la notion de bioraffinerie, qui permet de recycler les sous-produits de certaines activités en matières premières pour d'autres activités, et ainsi de générer de nouvelles valeurs ajoutées et de nouveaux emplois dans les territoires », a ajouté Michel Boucly. Les usines de transformation oléagineuse produisent déjà de l'huile d'un côté pour l'alimentation humaine et le biodiesel, des tourteaux de l'autre pour l'alimentation du bétail en protéines, et de la glycérine comme sous-produit de l'estérification, pour la chimie renouvelable avec de nombreuses nouvelles utilisations en perspective.

Deux investissements prêts à démarrer

En l'occurrence, Sofiprotéol a deux investissements dans ses tiroirs, mais attend l'indispensable feu vert de la composition des carburants pour les lancer : 10 millions d'euros dans son usine de Compiègne, pour une ligne de production de biodiesel de graisses animales issues des abattoirs, et d'huile de friture usagées ; 25 millions dans son usine de trituration de Sète, pour remplacer une chaudière alimentée par du combustible fossile par une centrale de cogénération alimentée aux coques de tournesol. Ces coques de tournesol devraient provenir de l'unité de décorticage du tournesol, inaugurée à Bordeaux ces derniers mois. Cet investissement de Sète vise à rendre plus compétitive la production d'esters d'huiles, et ainsi à remplacer des importations d'esters d'huiles de soja et de palme par de l'ester d'huile de colza cultivé dans la région Rhône-Alpes, la Bourgogne et le Sud-Ouest. Pour l'instant l'objectif d'incorporation de biodiesel dans les moteurs en France est de 7% de la consommation de diesel. La loi de finances pour 2014 reprend les 7% d'incorporation de biodiesel à partir d'huile vierge, et y ajoute 0,35% d'ester de lipides non comestibles. Ce taux de 0,35% compte double, car il est obtenu à partir de lipides non comestibles. Cela fait un total de 7,7%.