Le groupe indien United Beweries (UB Group) a abouti dans ses négociations pour acquérir, à travers sa filiale United Spirits, le whisky écossais Whyte & Mackay. Il faut dire qu’il y a mis le prix, 869 millions d’euros, pour une affaire qui va lui donner une image haut de gamme nécessaire jusque sur le marché indien, aujourd’hui en pleine croissance.
Le troisième producteur mondial de vins, de bière et de spiritueux, United Breweries (UB Group), a confirmé l’appétit des groupes indiens à l’étranger en rachetant, via sa filiale United Spirits, le producteur de whisky écossais Whyte & Mackay pour 595 millions de livres (869 millions d’euros), sa première véritable assise en Europe.
United Spirits est une filiale du conglomérat UB Group basé à Bangalore, un des fleurons de l’économie indienne, propriétaire de la bière Kingfisher et la compagnie aérienne du même nom. Son patron, le milliardaire Vijay Mallya, avait échoué l’an dernier, malgré une offre de 610 millions d’euros, à racheter les champagnes français Taittinger, repris par le Crédit agricole. Il avait reçu en lot de consolation les vins mousseux de Saumur Bouvet-Ladubay, rachetés pour 15 M EUR, au fonds d’investissement américain Starwood.
Un whisky écossais pour mieux vendre en Inde
Mais les racines de UB Group, né en 1915 de la réunion de cinq brasseries du sud de l’Inde par l’Ecossais Thomas Leishman, et l’impossibilité de vendre en Europe sous le nom de whisky ses alcools, distillés à partir de sucre ou de mélasse et non de céréales, l’ont porté vers une acquisition en Ecosse. L’acquisition de Whyte & Mackay augmente de 14 % la production annuelle de United Spirits, à 75 millions de caisses, contre 134 millions au leader mondial du secteur, le britannique Diageo. Elle doit permettre au groupe indien de tirer profit de l’image des whiskies écossais pour se construire une marque prestigieuse en Inde à partir de mélanges avec des whiskies indiens.
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Le groupe écossais produit notamment les single malt Dalmore et Isle of Jura, la liqueur Glayva et la vodka Viadivar. Fondé en 1844 à Glasgow, il était jusqu’alors la propriété de Vivian Imerman et de l’homme d’affaires Robert Tchenguiz.
La production de scotch est quant à elle en plein renouveau grâce à la croissance de la demande en Amérique du Nord et dans des pays émergents comme le Brésil, la Chine, l’Inde et le Mexique.
Selon l’Association du whisky écossais, les exportations de scotch ont battu des records en 2006, à 2,5 milliards de livres et plus d’un milliard de bouteilles. La croissance de la consommation a été de 24 % en Amérique centrale et du sud, contre 0,2 % en Europe. « Les perspectives du whisky écossais sont les meilleures depuis des années », a estimé le mois dernier le président de l’association, Richard Burrows, évoquant de récents investissements dans le secteur. Diageo a notamment annoncé en février qu’il allait construire une nouvelle distillerie en Ecosse pour 100 millions de livres. Le groupe français LVMH avait acquis le producteur de scotch Glenmorangie en 2004.