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Allégations de santé L’industrie accueille avec prudence les premiers avis de l’AESA

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Accueil quelque peu mitigé de la part de l’industrie européenne aux premiers avis scientifiques que vient de publier l’AESA (Autorité européenne de sécurité alimentaire) sur les demandes d’autorisations d’allégations de santé fonctionnelles (1). Si elle salue la publication de cette première série d’avis, la Ciaa estime toutefois que le processus d’évaluation de l’AESA reste « très pointilleux et quelque peu confus ». Processus qui s’est traduit « par le rejet d’un certain nombre de demandes d’autorisation d’allégations, notamment en ce qui concerne les allégations faites sur les probiotiques ».

« Nous sommes un peu déçus de voir qu’un certain nombre d’allégations de santé fonctionnelles ont été rejetés par les experts de l’AESA pour défaut de caractérisation suffisant. On pourrait même parler d’affront fait aux producteurs de yaourts européens qui, pour certains, ne pourraient plus continuer à utiliser leurs allégations de santé », a déclaré à Agra Alimentation, Susanne Döring, directrice du département « Information des consommateurs, régime alimentaire et questions de santé » à la Ciaa (Confédération des industries agroalimentaires de l’UE). Se voulant prudente dans ses commentaires préliminaires sur les 523 avis scientifiques que vient de publier l’AESA sur les allégations de santé fonctionnelles, la responsable de la Ciaa indique toutefois que son organisation n’est toujours pas satisfaite de la manière dont l’AESA gère son processus d’évaluation des demandes d’autorisations d’allégations de santé présentées par les entreprises. « Nous devons attendre que les avis scientifiques de l’AESA soient publiés pour pouvoir agir et souvent il est trop tard », souligne Susanne Döring. Celle-ci rappelle cependant que c’est finalement aux Etats membres et à la Commission européenne qu’il revient de trancher : « L’AESA n’est pas une autorité législative et ce sont au final les Etats membres et la Commission qui auront le dernier mot » (2). La responsable de la Ciaa reconnaît tout de même que « au moins avec ces premiers avis scientifiques de l’AESA un cap est indiqué aux entreprises industrielles » et que celles-ci ont à présent « une certaine idée de la manière dont les experts communautaires font leurs évaluations ».

Manque d’informations sur les substances faisant l’objet d’allégations
Les avis que vient de publier l’AESA fournissent des conseils scientifiques pour 523 allégations de santé concernant plus de 200 aliments et composants alimentaires (vitamines et minéraux, fibres alimentaires, matières grasses, glucides, bactéries « probiotiques » et substances botaniques). Pour un tiers des allégations environ, les résultats des évaluations se sont révélés positifs puisqu’il existait suffisamment de preuves scientifiques pour étayer les allégations. Dans ce groupe, on retrouve principalement les allégations qui concernent les fonctions des vitamines et des minéraux, les fibres alimentaires, les acides gras destinés à maintenir les niveaux de cholestérol et les chewing-gums sans sucre destinés à préserver la santé dentaire. Pratiquement la moitié des évaluations dont les résultats étaient défavorables ont failli à l’épreuve en raison d’un manque d’information concernant la substance faisant l’objet de l’allégation, par exemple les bactéries « probiotiques » et les substances botaniques. En l’absence d’une « identification claire de la substance concernée », les experts de l’AESA n’ont pas été en mesure de vérifier si les preuves scientifiques fournies par les entreprises « sont associées à la même substance que celle pour laquelle des avantages pour la santé sont revendiqués ».

(1) L’AESA est chargée de vérifier le bien-fondé scientifique des allégations de santé fonctionnelles. Ses conseils sont pris en compte par la Commission européenne et les États membres lors du processus d’autorisation des allégations de santé.
(2) Le 6 octobre, l’AESA devait organiser une réunion avec des experts des États membres et de la Commission européenne à Bruxelles afin de discuter de l’évaluation des allégations de santé fonctionnelles.

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