Selon l’Enquête annuelle d’entreprises réalisée dans les industries agroalimentaires par le Service statistique du ministère de l’Agriculture (SCEES), l’année 2005 est marquée par une progression de 0,9 % du chiffre d’affaires du secteur, soutenue par les exportations en particulier. L’emploi n’en profite pas, au contraire, et les investissements, en recul depuis trois ans, se contentent de se stabiliser.
A prix constants, les ventes des industries agroalimentaires ont augmenté de 1,7 % en 2005, soit sensiblement plus qu’en 2003 et 2004 (+0,9%). Mais la baisse des prix à la production, entraînée notamment par ceux des céréales, des oléagineux et du lait, a atteint 0,8 %, ce qui a limité la croissance du chiffre d’affaires du secteur : estimé par le SCEES à 125,8 milliards d’euros pour les entreprises de 20 salariés et plus, celui-ci ne dépasse que de 0,9 % celui de 2004, année où la croissance avait atteint 2 %.
La consommation des ménages a été à peu près sur la même tendance qu’en 2004 avec une progression de 1,1 % en volume contre 0,9 % avec des prix consommateurs quasi stables en lien avec la réforme en cours des relations industrie-commerce. En revanche, l’exportation s’est montrée plus dynamique, progressant de 3,4 % (contre +4 % en 2004 mais +1 % seulement en 2003).
Les investissements cessent de baisser
Les investissements, qui avaient baissé trois ans de suite, se sont en fin de compte stabilisés à leur niveau de 2004 (3,6 milliards d’euros) : ils ont augmenté dans les industries alimentaires diverses (pain, pâtisserie, sucre, biscuiterie, chocolaterie surtout) ; ils ont diminué dans les filières fruits et légumes, viandes, poisson et corps gras.
Au total, le résultat courant du secteur s’est maintenu à 5,1 milliards avant impôts (4,2 % du CA) mais avec de grosses disparités entre celui des boissons (9,9 % du CA et celui des viandes (0,7%).
Enfin, l’emploi salarié a continué de diminuer pour la deuxième année consécutive au rythme de -1,5 %, soit environ 5000 emplois en moins. Pratiquement tous les secteurs perdent des emplois et recourent davantage au travail intérimaire (boissons, viandes), et la baisse atteint même 4 % dans l’industrie laitière, 3 % dans l’industrie avicole et 2 % dans l’alimentation animale.
Selon les premières données de conjoncture sur 2006, l’amélioration de l’activité se poursuit au premier trimestre, avec une hausse des exportations, de la consommation et même des prix à la production, mais l’emploi continue de baisser.
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Relai des exports
Dans sa revue des secteurs, le SCEES met en avant la bonne tenue des ventes à l’étranger qui a soutenu l’industrie des corps gras (croissance de 6 %), celle des produits alimentaires divers (+2%, et à l’export +8 %). Plus en détail la boulangerie-pâtisserie industrielle, qui fait partie de cet ensemble, progresse de 3 % grâce à des exportations dynamiques. En léger recul, celui de la biscuiterie et des pâtes traduit surtout la baisse des prix des céréales. Dans la chocolaterie-confiserie, les ventes sont stables sur le marché français et progressent de 6 % sur les marchés extérieurs. Amélioration également des exportations de thé et de café transformés et d’aliments diététiques et infantiles, dont le CA progresse de 5 %. Pour l’industrie sucrière, les exportations augmentent de 7 %.
Dans l’industrie des boissons, exportations et chiffre d’affaires progressent de 3 % à peu près comme en 2004. Ils augmentent de 9 et 7 % chez les fabricants d’eaux-de-vie. Hausse de 7 % des exportations des maisons de champagne, avec une croissance des ventes de 5 % et des prix en augmentation. Le chiffre d’affaires de la vinification est stable. Les eaux de table et les boissons rafraîchissantes progressent malgré une baisse de 6 % des exportations.
Impact inégal des matières premières
L’industrie des viandes, dont les ventes sont stables en volume, progresse de 1,6 % en valeur du fait de la hausse des prix à la production, mais voit son résultat courant reculer. Pour la volaille, la crise de la grippe aviaire en fin d’année a fait baisser les prix, alors que les volumes n’ont que faiblement progressé et que les exportations ont baissé de 5 %. Si la stabilité caractérise le secteur des préparations à base de viande, les transformateurs de poisson enregistrent une progression des ventes de 2 %. L’industrie de l’alimentation animale chute de 6 %, avec une moindre demande en volailles et porcs et une baisse de prix liée à celle de la matière première.
Le chiffre d’affaires de l’industrie laitière diminue légèrement ; les volumes sont stables et les prix sont en baisse. La réforme de la PAC réduit les prix d’intervention et les restitutions à l’exportation. Les ventes à l’étranger augmentent malgré tout. Les ventes du secteur glaces et crèmes glacées augmentent aussi.
Le secteur travail du grain et amylacés régresse de 3 % du fait des chutes de cours en amont. L’industrie des fruits et légumes est stable, la filière légumière régressant de 2 % (-4 % pour ses exportations) comme la transformation de pommes de terre, tandis que les conserves de fruits et préparations de jus de fruits et légumes progressent.