La facture énergétique des industries agroalimentaires a moins flambé l’an dernier que les deux années précédentes grâce à un assagissement des prix. Les volumes consommés, en revanche, ont continué à progresser à bon rythme.
La consommation d’énergie des établissements agroalimentaires d’au moins 10 salariés, telle que calculée chaque année par le service statistique du ministère de l’Agriculture (Agreste n° 159), s’est élevée à 5,5 millions de tonnes équivalent-pétrole (tep), en progression sensible par rapport à 2006 : 4,1 %. Le niveau de consommation atteint est ainsi le plus élevé jamais observé depuis que l’enquête existe (1985). Du fait du net ralentissement de la hausse des prix de l’énergie constaté en 2007, les achats d’énergie, en valeur, ont moins progressé qu’au cours des deux années précédentes (+4 % en 2007, après +22 % en 2005 et +18 % en 2006). La facture énergétique des IAA s’élève ainsi à 2,2 milliards d’euros pour l’ensemble de l’année 2007.
Des tarifs en hausse, d’autres en baisse
Les combustibles représentent près des deux tiers de la consommation totale d’énergie. Leur consommation progresse de 6 % sur un an. Le gaz naturel reste, de loin, la source d’énergie la plus utilisée (44 % du total). Sa consommation, plutôt atone depuis cinq ans, s’accélère en raison de la hausse modérée de son prix d’achat (+3 % sur un an). Le prix moyen du gaz naturel selon le type de tarif (observé pour la première fois cette année dans l’enquête, et concernant les seuls établissements gros consommateurs), est généralement plus faible pour les unités qui s’approvisionnent sur le marché libre : 26,10 euros le MWh en moyenne contre 27,12 euros pour le tarif régulé. A noter que les quantités achetées par les établissements s’approvisionnant sur le marché libre sont aussi beaucoup plus importantes, ce qui influe sur le prix d’achat.
Avec 6 % de plus qu’en 2006, le regain d’attractivité du charbon se confirme, de même que la percée du bois. La consommation de butane-propane continue également à progresser (+4 %) dans un contexte de baisse notable de son prix d’achat (-4 %). Le recul de la consommation de fioul lourd, en revanche, se poursuit. Le prix de ce combustible, déjà élevé, est aussi celui qui a le plus progressé en 2007.
La consommation d’électricité augmente de 3 % en 2007. Avec 1,8 million de tep pour l’ensemble de l’année, elle représente près du tiers de la consommatrion totale d’énergie des établissements agroalimentaires. Les achats, en valeur, ont moins progressé du fait de la baisse des prix observée en 2007 (-1,8 % en moyenne), après deux années de forte hausse. Le prix moyen de l’électricité selon le type de tarif est généralement plus élevé pour les unités qui vont sur le marché libre. Son prix moyen est en effet de 57 euros le MWh, contre 54,1 euros pour le tarif régulé et 53,1 euros pour le tarif de retour, applicable aux entreprises qui ont choisi de revenir au tarif régulé.
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Avec 276 000 tep (5 % du total), la consommation de vapeur accuse un recul sensible malgré la stabilité de son prix d’achat (21,4 euros la tonne).
Produits de la mer et boissons sont les plus économes
Les principales activités consommatrices d’énergie dans les IAA sont les secteurs de la viande, du lait, la fabrication de produits amylacés, l’industrie sucrière ainsi que la fabrication d’aliments pour animaux de ferme. Avec l’industrie des corps gras, la nutrition animale enregistre en 2007 les plus fortes progressions de la consommation d’énergie (+14 %). Le recul est sensible, en revanche, pour l’industrie du poisson, faible consommatrice, et pour le secteur des boissons.
Les principales régions consommatrices d’énergie pour les IAA sont le Nord-Pas-de-Calais, la Picardie, Champagne-Ardenne et la Bretagne. Ces quatre régions représentent près de la moitié de la consommation totale.