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Environnement/Alimentation L’industrie alimentaire européenne met en valeur son action pour une croissance durable

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Un approvisionnement alimentaire durable, une politique efficace pour l’utilisation des ressources tout au long de la chaîne alimentaire et une production et une consommation durables. Tels sont les trois domaines d’activités essentiels sur lesquels porteront les engagements des entreprises alimentaires européenne d’ici 2030 pour relever les défis d’une croissance durable en vue de parvenir à une économie plus verte. Des engagements qui font partie intégrante du dernier rapport global « Durabilité environnementale : vision 2030 » que FoodDrinkEurope, le lobby de l’industrie alimentaire, vient de publier. L’ambition affichée est de mettre en avant – surtout le côté positif – des efforts de l’industrie alimentaire pour contribuer au développement d’un environnement durable global.

Afin de répondre aux grands défis d’une sécurité alimentaire intelligente pour développer une économie verte aussi bien en Europe que dans le reste du monde des efforts supplémentaires sont nécessaires pour découpler la croissance économique de l’utilisation des ressources et des impacts indésirables sur l’environnement », lit-on dans la Vision 2030 pour le développement d’un environnement durable de FoodDrinkEurope (FDE). Les auteurs du rapport précisent également que « tout en répondant aux nombreux défis auxquels elle est confrontée, l’industrie alimentaire ne doit pas cependant compromettre la sécurité alimentaire, la qualité, la nutrition et la santé et dans le même temps satisfaire la demande des consommateurs ». Pour atteindre tous ces objectifs, la Vision de FDE propose tout un ensemble d’actions clés détaillant les engagements à travers trois domaines fondamentaux : un approvisionnement durable ; une maximisation de l’efficacité des ressources et une production et une consommation et durables. Le rapport de FDE comporte une série d’exemples pris dans les petites et grandes entreprises alimentaires et dans lesquels sont mises en évidence les principales réalisations allant dans le sens d’un développement durable et sur lesquels l’industrie peut poursuivre ses efforts. Des études de cas et des exemples dans chaque chapitre du rapport démontrer comment les entreprises alimentaires et des boissons de toutes tailles et de différents secteurs s’efforcent d’améliorer leur performance environnementale indépendamment de la multitude des différentes matières premières utilisées, des produits, des procédés, des activités et des conditions économiques locales et l’environnement auxquelles elles sont confrontées.
Approvisionnement durable
Dans la mesure où elle achète 70% des produits agricoles de l’UE, l’industrie alimentaire européenne estime qu’il est donc crucial pour la santé et la prospérité de l’industrie à long terme « que les systèmes agricoles soient durables et que la perte de biodiversité soit évitée». Elle rappelle que « des mesures importantes ont été prises pour améliorer l’approvisionnement durable en produits de base essentiels » et que beaucoup d’entreprises « poursuivent l’intégration de l’approvisionnement durable dans leur stratégie globale de l’entreprise ».

Énergie et changement climatique
Le document de FDE précise que les fabricants d’aliments et de boissons ont fait « des investissements importants pour améliorer leurs performances énergétiques et pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) ». Entre 1999-2008, l’industrie aurait réduit de 18 % ses émissions de GES tandis que la valeur de la production a augmenté de 29%. Mieux : de plus en plus de sous-produits et de déchets sont utilisés comme source d’énergies renouvelables et les investissements dans les technologies sobres en carbone, telles que la production combinée de chaleur et d’électricité (CHP), contribuent à réduire davantage les émissions.

L’industrie alimentaire utiliserait près de 2 % de la consommation totale d’eau
À la lumière de l’augmentation prévue de la demande en eau dans le monde entier, FDE rappelle que « des efforts importants ont été faits pour travailler avec les partenaires de la chaîne d’approvisionnement alimentaire pour améliorer la gestion de l’eau ainsi que la qualité des eaux usées, de récupération d’eau et de sa réutilisation ». Les exploitants alimentaires sont également impliqués dans diverses initiatives multipartites pour résoudre les problèmes de la consommation d’eau durant tout le cycle de vie d’un produit. En outre, les fabricants d’aliments ont réduit leur utilisation d’eau pour leurs différentes opérations sur une base volontaire en utilisant des outils pour mesurer la consommation d’eau, en adoptant des pratiques de gestion de l’eau et en investissant dans des technologies efficaces (l’industrie alimentaire et des boissons utiliserait environ 1,8 % de la consommation totale d’eau de l’UE). En conséquence, l’industrie a pu réaliser d’importantes économies en matière de coûts de production.

Déchets alimentaires: 90 millions de tonnes par an
« La gestion des déchets – et en particulier les déchets alimentaires – est une priorité absolue pour le secteur alimentaire », estime la Vision de FDE, dans la mesure où « lorsqu’un aliment est gaspillé, les ressources qui ont été investies dans sa production sont également perdues ». Au niveau de l’UE, le volume des déchets alimentaires annuels est estimé par l’industrie à un total de 90 millions de tonnes. Les auteurs du rapport assurent que les exploitants alimentaires « sont constamment à la recherche de solutions pour pouvoir trouver des utilisations pour les sous-produits de leurs fabrications non seulement en ce qui concerne la nourriture humaine mais également l’alimentation animale, les engrais, les produits cosmétiques, les lubrifiants et les produits pharmaceutiques, entre autres. En outre, la réutilisation, le recyclage et la valorisation par la production de bioénergie à partir de déchets, sont également des méthodes clés de plus en plus utilisées par l’industrie pour atteindre une utilisation optimale des matières premières et pour la gestion des déchets.

Conditionnement
Côté packaging, là aussi, l’industrie alimentaire ne tarit pas d’éloge sur les efforts de ses entreprises en vue d’optimiser la performance environnementale des produits et des emballages en soulignant que plusieurs d’entre elles se tournent de plus en plus vers des emballages réutilisables ou qui n’ont pas d’impact négatif sur l’environnement. Dans le même temps, les taux de recyclage des emballages ont augmenté considérablement au cours des dernières années. En 2009, environ 32 millions de tonnes d’emballages utilisés auraient été récupérés en Europe grâce à ces systèmes. Le rapport assure que les fabricants alimentaires « travaillent en permanence avec le secteur de l’emballage pour développer des matériaux d’emballage innovants grâce à l’amélioration des impacts sur l’environnement, tout en maintenant la protection et la préservation des produits alimentaires ».

Transport & distribution
Le rapport de FDE affirme qu’en tant « qu’important utilisateur de différents modes de transport (en particulier les poids lourds transportant les marchandises), le secteur alimentaire « cherche activement à améliorer et à réduire l’impact négatif sur l’environnement des transports grâce à une collaboration étroite avec les transporteurs et les distributeurs pour améliorer l’efficacité de l’approvisionnement des produits alimentaires, des transferts modaux, des réseaux de distribution, de la planification des itinéraires et des choix de véhicule ».

Les consommateurs montrés du doigt
S’ils sont au cœur des stratégies de l’industrie alimentaire, « les consommateurs génèrent cependant d’importants impacts environnementaux directs dans la façon dont ils transportent, stockent, préparent et disposent des aliments », écrivent les auteurs du rapport de FDE. Ils estiment donc nécessaire à cet effet de mener « des études scientifiques fiables et des analyses harmonisées en vue de détecter les points sur lesquels des améliorations dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire, y compris au niveau des ménages ». FDE prend soin de rappeler que l’industrie alimentaire n’a pas attendu pour proposer une méthodologie. Ce « Protocole, souligne-t-elle, est le fruit des travaux de la Table ronde européenne pour une consommation et une production alimentaire durable (European Food Sustainable Consumption and Production Round Table) et qui a été développé en collaboration avec la Commission européenne et les partenaires de la chaîne d’approvisionnement alimentaire, les ONG, les universités et les experts nationaux ». La Table Ronde a élaboré des recommandations qui mettent en évidence les bonnes pratiques et les outils clés qui peuvent être utilisés pour communiquer des informations utiles sur l’environnement. FDE rappelle en outre que « plusieurs entreprises alimentaires fournissent déjà des informations volontaires aux consommateurs au sujet de la performance environnementale de leurs produits à travers différents canaux de communication ».

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