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UE/Information des consommateurs L’industrie alimentaire pas franchement emballée par le compromis inter-institutionnel

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L’adoption d’un accord de compromis sur le projet de règlement sur l’étiquetage des denrées alimentaires par le Parlement européen semble modérément appréciée par l’industrie agroalimentaire européenne. Elle regrette qu’un grand nombre de ses recommandations n’aient pas été retenues par l’Assemblée européenne et en particulier son opposition à la mention obligatoire du pays d’origine des produits et ce qu’elle appelle « la surcharge administrative » des mentions obligatoires sur les étiquettes. La nouvelle règlementation sur l’étiquetage alimentaire doit entrer en vigueur progressivement à partir de 2014.

FoodDrinkEurope (désormais la nouvelle appellation de la CIAA, le lobby des industries agroalimentaires de l’UE) regrette que plusieurs éléments d’importance pour les fabricants de produits alimentaires de l’UE n’ont pas été dûment pris en considération dans le résultat final du compromis récemment négocié entre le Parlement, le Conseil et la Commission européenne sur le projet de règlement sur l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires. Elle pointe notamment l’obligation de la mention du pays d’origine qui, désormais, d’application sur les étiquettes pour les viandes fraîches (porc, volaille, agneau et chèvre) comme c’est déjà le cas pour la viande de bœuf. FoodDrinkEurope aurait souhaité que les exigences d’indication liées à l’origine des produits alimentaires restent basées sur le principe actuel, c’est à dire la prévention de toute pratique susceptible d’induire en erreur les consommateurs. Le lobby de l’industrie dénonce également le fait que le texte finalement adopté par le Parlement en matière d’étiquetage ne soit pas axé sur la simplification des mesures législatives actuelles ainsi que sur la réduction de la charge administrative. Il aurait gagné, selon elle, à autoriser l’information des consommateurs « par d’autres moyens complémentaires à l’étiquette ». FoodDrinkEurope regrette également que plusieurs dispositions du projet de règlement ne seront décidées « que lorsque les règles d’application auront été établies ». Elle estime que, compte tenu du nombre de questions spécifiques qui seront traitées en vertu d’une telle procédure, « il est difficile de savoir aujourd’hui ce que sera le résultat final « en termes d’information claire et complète pour le consommateur » ou bien « comment ces mesures auront un impact sur la compétitivité de l’industrie alimentaire et des boissons européenne ».
Commentant le vote des eurodéputés, Jesús Serafín Pérez, président de FoodDrinkEurope, a indiqué que les fabricants de denrées alimentaires et de boissons « ont longtemps plaidé pour une approche plus pragmatique afin de s’assurer que l’information alimentaire soit à la fois claire et significative pour le consommateur et que, dans le même temps, le résultat final puisse présente des règles législatives réalisable pour les opérateurs industriels qu’ils soient grands ou petits ». FoodDrinkEurope appelle désormais les institutions de l’UE à « s’assurer que le règlement soit mis en œuvre conformément à l’objectif d’origine de la proposition, à savoir, harmoniser et simplifier la législation existante et améliorer la compréhension des consommateurs ».

L’industrie laitière « globalement satisfaite »
European Dairy Association (EDA), porte-parole de l’industrie laitière européenne, se félicite de l’approbation par le Parlement européen de la proposition de compromis sur le projet de règlement sur l’information des consommateurs. Elle espère, qu’à son tour, le Conseil des ministres puisse l’approuver aussi en 2e lecture pour finaliser les discussions sur cette législation. « Cette approbation permettra d’harmoniser les règles d’étiquetage des aliments sur le marché intérieur de l’UE qui sera bénéfique aussi bien pour les consommateurs que pour l’industrie alimentaire », a indiqué Joop Kleibeuker, le secrétaire général d’EDA. Il se félicite de voir que « les principaux points pertinents pour l’industrie laitière européenne ont été inclus dans le compromis final ». Il relève notamment que la déclaration nutritionnelle obligatoire (valeur énergétique, quantité de lipides, d’acides gras saturés, de glucides, de sucres, de protéines et de sel, ndlr) « a été regroupée dans le même champ de vision, c’est à dire soit à l’avant soit au dos des paquets, sans préciser l’endroit exact ». En outre, le dirigeant du lobby de l’industrie laitière se réjouit que les institutions de l’UE ont confirmé l’inclusion des protéines dans la déclaration nutritionnelle obligatoire qui fournit des informations complètes sur la composition nutritionnelle globale des aliments.
Par ailleurs, EDA considère également qu’il est d’une importance capitale qu’une évaluation d’impact la plus complète possible soit effectuée pour mesurer la faisabilité d’une extension de l’étiquetage obligatoire du pays d’origine au lait et aux produits laitiers.

Acides gras trans : pas d’étiquetage obligatoire
Aux termes du texte de compromis interinstitutionnel, l’étiquetage obligatoire des acides gras trans (AGT) n’a pas été retenu, contre l’avis initial des eurodéputés. L’industrie européenne avait qualifié cette étiquetage obligatoire de « mesure excessive et inutile ». En contrepartie, Bruxelles devra établir un rapport d’ici 3 ans sur la présence des AGT dans les denrées alimentaires commercialisées en Europe. EDA se félicite de la préparation d’un tel rapport et se dit confiante que ce rapport « confirmera que la consommation moyenne d’AGT d’origine naturelle ne constitue pas une préoccupation de santé publique en Europe ».

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