C'est une « timide reprise » que perçoit l'Ania (Association nationale des industries alimentaires) pour le début de 2014, a expliqué son président Jean-Philippe Girard à l'occasion d'une conférence de presse le 10 avril. Pour les entreprises du secteur agroalimentaire, interrogées par sondage, l'investissement anticipé se situerait en hausse de 7%. À cela s'ajoute le fait que les indices macroéconomiques (croissance du PIB, investissements) de la France sont globalement meilleurs que l'an dernier.
LE contexte économique s'améliorerait-il pour les industries agricoles et alimentaires ? Oui mais sous réserve, répond Jean-Philippe Girard, président de l'Ania. Un sondage auprès des entreprises du secteur montre qu'elles tablent sur environ 7% de hausse de leurs investissements sur l'année. Et puis, les données macroéconomiques françaises (PIB, investissements) sont plutôt en amélioration.
Guerre des prixCependant, la situation va surtout dépendre de la poursuite de la guerre des prix entre distributeurs « qui est financée par les industriels fournisseurs », regrette Jean-Philippe Girard. Si cette guerre des prix ne prend pas fin, prévoit-il, elle fera des victimes non seulement chez les fournisseurs mais aussi chez les distributeurs. « On est dans un contexte d'inflation des coûts de production et de déflation des prix », regrette Jean-Philippe Girard. Remarque que confirment les statistiques : en 2013, les marques nationales ont vu leurs prix baisser de 1,6% et les marques de distributeurs ont vu les leurs très légèrement augmenter, à 0,3% en moyenne.
Trois mois décisifsLe président de l'Ania appelle donc les distributeurs à cesser leur guerre des prix, à participer avec leurs fournisseurs à une « co-construction de nouvelles relations commerciales ». La loi Consommation de Benoit Hamon a permis « un petit pas en avant », sans plus. Au passage, Jean-Philippe Girard salue le travail de Guillaume Garot, le ministre délégué à l'agroalimentaire dont la mission n'a pas été renouvelée dans la nouvelle équipe gouvernementale. Il le regrette. En tout cas, les trois prochains mois vont être décisifs quant à l'issue de cette guerre des enseignes et de cette mini-reprise, prévoit le président de l'Ania. Il se dit optimiste si cette guerre s'arrête, pessimiste si elle se poursuit.
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Chiffre d'affaires 2013 : 160,5 milliards € (+0,6%) Evolution de la production en volume : -2,2% Effectifs : 492 727 salariés (4824 par rapport à 2012)
Solde commercial : 8,466 milliards € contre 9,185 milliards en 2012 Défaillances : 316 entreprises contre 297 en 2012
Mais il y a une autre préoccupation, celle de la compétition internationale. L'Ania souligne le maintien d'une meilleure compétitivité chez les concurrents européens, allemands notamment, du fait d'une moindre pression fiscale et sociale. En ce qui concerne ces charges, le différentiel est évalué à 6% en faveur des Allemands. La question sera abordée par Jean-Philippe Girard, lors d'une prochaine rencontre avec le président de la République. Il fera le point sur la guerre des prix que se livrent les distributeurs, la pression fiscale, l'emploi, le pacte de responsabilité et le financement des entreprises du secteur. Depuis le début de l'année, 1 000 emplois « sont en tension » selon les termes du président de l'Ania qui craint la poursuite des tendances de 2013 où plus de 4000 emplois ont été perdus dans l'agroalimentaire.