Un mécanisme de surveillance des prix dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire serait très utile pour renforcer la transparence et la visibilité du secteur agroalimentaire et améliorer le contrôle des coûts des matières premières. C’est l’une des propositions avancées par les représentants de l’industrie alimentaire européenne dans le cadre des travaux du Groupe à haut niveau sur la compétitivité de l’industrie agroalimentaire communautaire institué en avril 2008 par Bruxelles. Dans un rapport d’étape, le groupe de travail sur « l’accès aux matières premières et sur les questions commerciales », explique qu’un tel mécanisme devrait être en mesure de surveiller à la fois les prix, les quantités ainsi que les niveaux d’import/export à chaque phase de la chaîne d’approvisionnement alimentaire et cela du secteur primaire jusqu’aux canaux de distribution et aux consommateurs.
De cette manière, affirment les représentants de l’industrie agroalimentaire européenne, il pourrait être tout à fait possible d’observer le niveau d’efficacité du marché intérieur et les conséquences des réformes de la politique européenne telles que le Bilan de santé de la Pac. Il serait également possible de comprendre les différences existantes entre les États membres en vue de procéder, le cas échéant, à des mesures d’ajustement. Cette façon de voir n’est pas partagée par d’autres participants (tels que les représentants des distributeurs) qui s’opposent fortement à cette recommandation en soulignant la nécessité d’évaluer sa faisabilité et qu’il serait plus utile de concentrer les efforts sur l’imposition des règles existantes de la concurrence dans le marché intérieur et que le marché lui-même – lorsqu’il fonctionne correctement – pourrait assurer les rééquilibrages nécessaires.
Les contrats avec les agriculteurs
Aux yeux des représentants de l’industrie, un des meilleurs moyens de stimuler la compétitivité, d’assurer un niveau suffisant de production, de réduire l’incertitude et d’améliorer la répartition de la valeur ajoutée tout au long de la chaîne alimentaire est la mise en place de contrats entre les agriculteurs et les industries de la transformation ou des détaillants. Ils estiment que cet instrument est actuellement un outil très utile dans des secteurs comme celui des fruits et légumes.
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Maintien des subventions aux exportations
Les représentants de l’industrie se préoccupent de la suppression progressive des restitutions à l’exportation et suggèrent que les restitutions pour les produits alimentaires considérés comme ayant une forte valeur ajoutée et une forte » image de qualité européenne », soient supprimées le plus tard possible. Côté promotion des exportations, ils considèrent nécessaire non seulement de simplifier les mesures existantes mais également de prévoir d’autres mesures de soutien pour l’industrie agro-alimentaire, mesures qui devraient être aussi facilement accessibles pour les PME. Certains participants suggèrent même à la Commission de lancer une étude SWOT Une analyse SWOT est une aide à la décision qui porte sur quatre éléments de l’environnement de l’entreprise: les forces (Strenghs), les faiblesses (Weaknesses), les opportunités (Opportunities) et les danger (Threats). afin de définir la position de l’industrie agro-alimentaire européenne sur le marché mondial dans le but de cibler les stratégies de l’UE basées sur des opportunités spécifiques.
Sus à la contrefaçon
Les membres du Groupe à haut niveau sont d’avis que la contrefaçon est devenue d’une grande importance pour les entreprises, du moment que des questions de sécurité alimentaire se posent. Ils proposent notamment de renforcer l’application de l’Accord sur les ADPIC (Aspects des droits depropriété intellectuelle qui touchent au Commerce, y compris le commerce des marchandises de contrefaçon). En parallèle, un organisme de surveillance pour chaque État membre ou des organismes nationaux peuvent être établis dans le but de surveiller et d’enquêter sur les éventuelles situations de fraude. Le financement d’une telle proposition pourrait être réalisé dans le cadre du Règlement 510/2006 (relatif à la protection des indications géographiques et des appellations d’origine des produits agricoles et denrées alimentaires).