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ORGANISATION PROFESSIONNELLE/COMPÉTITIVITÉ L'industrie alimentaire plaide pour une politique industrielle sur mesure

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Dans un rapport publié le 21 janvier, l'organisme représentant les industries alimentaires européennes s'inquiète de la perte de compétitivité du secteur au niveau mondial. Ces dernières demandent la mise en place d'une politique industrielle réellement adaptée favorisant l'innovation et l'exportation.

EN dépit de sa position de contributeur majeur à l'économie de l'Europe, les indicateurs clés de la compétitivité montrent que le secteur de l'alimentation et des boissons de l'UE est en train de perdre son avantage concurrentiel sur le plan mondial. C'est ce que constate le rapport sur « la compétitivité 2013-2014 de l'industrie alimentaire et des boissons » que vient de publier FoodDrinkEurope, le portevoix de l'industrie alimentaire européenne. Les industriels européens exhortent les institutions communautaires à encourager une politique industrielle adaptée visant à accroître la compétitivité du secteur de l'alimentation et des boissons, notamment en renforçant la promotion de l'innovation et en musclant les performances à l'export du secteur alimentaire. Le rapport appelle également à la création d'un Forum de haut niveau permanent qui serait chargé d'appliquer une telle politique.

UNE PART DU MARCHÉ MONDIAL QUI SE RÉTRÉCIT AU FIL DES ANNÉES

Intitulé Promouvoir une politique industrielle de l'UE pour l'industrie alimentaire et des boissons, le rapport de FoodDrinkEurope note qu'en dépit d'une augmentation globale de la valeur des exportations en 2012, l'UE n'arrive pas à suivre le rythme imprimé par ses principaux concurrents mondiaux pour accaparer de nouvelles possibilités d'accès au marché. La part de l'UE sur le marché mondial de l'alimentation et des boissons a de nouveau diminué en 2012 (16,1%) par rapport à 2011 (16,5%) et dans le même temps, un certain nombre d'économies émergentes ont augmenté leur part du marché mondial d'exportation. Les auteurs du rapport observent aussi qu'en ce qui concerne la productivité du travail dans l'industrie alimentaire de l'UE, celle-ci a augmenté de 3 % en 2011 par rapport à 2008. Toutefois, l'UE reste à la traîne des concurrents internationaux comme les Etats-Unis et la Suisse. Parmi les raisons expliquant cette baisse de productivité dans l'UE figurent notamment la réduction des investissements dans les technologies ainsi que la réduction des investissements dans le recrutement de travailleurs qualifiés par rapport à d'autres concurrents internationaux. Le rapport plaide pour une politique qui vise à combler les lacunes entre les compétences et les emplois et à investir dans une main-d'œuvre qualifiée en promouvant l'emploi des jeunes et en gérant efficacement une main-d'œuvre vieillissante.

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LA R & D ÉGALEMENT À LA TRAÎNE

Idem pour les investissements privés de R & D en Europe : si les niveaux de ces derniers ont été soutenus suivant en cela les tendances observées les années précédentes, ils restent toutefois à la traîne des performances des concurrents internationaux, les États-Unis en particulier. Entre 2005 et 2011, les investissements en R & D du secteur privé dans l'UE ont augmenté de 39 % (1,9 milliard d'euros en 2011). Evolution certes encourageante mais quand on la compare avec une moyenne de 5,6 milliards d'euros de R & D du secteur privé en 2011 réalisée en dehors de l'UE (270 % de plus qu'en 2005), l'UE ne soutient pas la comparaison.

POUR LA CRÉATION D'UN « FORUM DE HAUT NIVEAU PERMANENT SUR LA COMPÉTITIVITÉ »

Face à tous ces défis, FoodDrinkEurope souligne la nécessité pour les institutions européennes de favoriser une politique industrielle sur mesure visant à réaliser une véritable « Union européenne de l'innovation », à la fois par la promotion d'une approche scientifique des nouvelles technologies, en surmontant les obstacles à l'introduction de nouveaux produits sur le marché et en facilitant davantage les opportunités commerciales sur le marché mondial. Elle insiste sur le nécessaire soutien aux PME en réduisant les formalités administratives, en éliminant les obstacles réglementaires, en assurant leurs besoins de financement et en promouvant leur accès au marché international. Et pour donner toutes les chances de réussite à une telle politique industrielle quoi de mieux pour les responsables de l'UE, suggère le lobby de l'industrie alimentaire européenne, que de « travailler la main dans la main avec les représentants du secteur alimentaire » à la création d'un « Forum de haut niveau permanent pour la compétitivité de la chaîne d'approvisionnement alimentaire » ?