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Compétitivité/UE L’industrie alimentaire pour une véritable politique industrielle à l’échelle européenne

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En dépit d’une croissance positive comparativement aux autres secteurs de l’économie, l’industrie alimentaire et des boissons de l’UE accuse un retard certain en termes de compétitivité sur ses principaux concurrents internationaux, selon le dernier rapport 2012 sur la compétitivité, publié par FoodDrinkEurope, le porte-parole de l’industrie alimentaire européenne. Afin de remédier à ces lacunes, ce dernier lance un appel aux responsables politques pour mettre en place sans délai une « véritable politique industrielle européenne spécifique » pour le secteur alimentaire sous la houlette du Forum de haut niveau pour l’amélioration du fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement alimentaire, dont le mandat devra nécessairement être prolongé au-delà de 2012.

Confirmant les tendances des années précédentes, le secteur de l’alimentation et des boissons de l’UE continue d’afficher une croissance soutenue et positive, surpassant – au même titre que le secteur pharmaceutique – tous les autres secteurs manufacturiers de l’UE en termes de production et d’emploi. La production aurait augmenté en 2011 de 2,2 % par rapport à 2010. Elle aurait connu une croissance régulière depuis le pic de la crise en 2008, avec une augmentation de 2,6% entre 2008 et 2011, comparativement à une baisse de 4,2% pour le secteur manufacturier de l’UE dans son ensemble au cours de la même période. En matière d’emplois, s’il a été lui aussi été affecté par le ralentissement économique, avec une baisse moyenne de 3,5% depuis le pic de la crise en 2008, le secteur alimentaire emploierait encore quelque 4,1 millions de personnes ce qui en ferait le plus important employeur du secteur manufacturier dans l’UE.

Une certaine résilience dans le climat économique morose actuel

Dans le secteur manufacturier de l’UE, comme dans son ensemble, l’emploi a diminué de 9,9% sur la même période. L’importance du secteur de l’alimentation et des boissons de l’UE est également représentée par son chiffre d’affaires (956 milliards d’euros) et sa valeur ajoutée, « la plus élevée que n’importe quelle autre industrie manufacturière dans l’UE », souligne le rapport de FoodDrinkEurope, selon lequel celle-ci aurait atteint 13,8 % de la valeur ajoutée totale de l’industrie manufacturière de l’UE, ce qui équivaudrait à quelque 2% du PIB de l’UE. La dépense totale des ménages, quant à elle, se serait élevée à près d’ 1 milliard d’euros en 2010 et aurait légèrement diminué par rapport à 2009 (- 0,7 %). Côté exportations, en 2011, la branche aurait exporté pour une valeur de 76,2 milliards d’euros, soit une augmentation de 16,6% par rapport à 2010. En dépit de ces performances, elle reste à la traîne de ses principaux concurrents internationaux et en particulier, l’Argentine, le Mexique et les États-Unis (néanmoins, le rapport considère qu’il est « plus performant que la Nouvelle-Zélande, le Brésil et le Japon »). Quant à la part dans le commerce strictement des boissons, elle aurait diminué à nouveau en 2011 (17,4%) par rapport à 2010 (17,8%), alors que d’autres concurrents (à la fois matures et émergents) auraient augmenté leurs parts de marché.

Permettre au Forum de haut niveau de mener à terme sa mission

Considérant que ce secteur demeure néanmoins un moteur de l’économie de l’UE, dont la compétitivité et la croissance durable peuvent jouer un rôle important dans la reprise économique globale de l’UE, FoodDrinkEurope a défini ses priorités pour la conception d’une politique industrielle à l’échelon européen. Elles peuvent être résumées ainsi : développer une politique industrielle spécifique pour le secteur alimentaire et des boissons, soutenir sa compétitivité au sein du Marché unique et booster sa compétitivité au niveau européen et au niveau mondial. Rappelant judicieusement qu’en créant en 2010 le Forum de haut niveau pour l’amélioration du fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement alimentaire (FHN), la Commission européenne lui avait confié la mission de « l’assister dans l’élaboration d’une politique industrielle dans le secteur agroalimentaire », FoodDrinkEurope estime que -dans la mesure où cette mission n’a pas encore été réalisée – le mandat du FHN devrait être prolongé au-delà de 2012 « afin de lui permettre d’achever sa mission ». Un mandat dont la tâche principale devrait être « la mise en œuvre – sans délai – d’une véritable politique industrielle sous le contrôle du Forum de haut niveau de l’UE ».

Une série de souhaits

Plus concrètement, sur le plan interne, les industriels du secteur préconisent notamment un « meilleur accès aux matières premières » (tout en maîtrisant le plus possible la volatilité des prix), un « meilleur fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement alimentaire », « l’élimination des obstacles à la recherche et à l’innovation », la poursuite de « l’harmonisation et l’achèvement d’un marché unique » pour le secteur alimentaire et des boissons ainsi que la nécessité d’une « approche globale de la politique environmentale » tout au long de la chaîne d’approvisionnement alimentaire. Sur le plan externe, FoodDrinkEurope considère qu’ une politique industrielle européenne digne de ce nom devrait « soutenir la compétitivité du secteur alimentaire européen sur la scène mondiale » afin de lui permettre de maintenir son avantage concurrentiel dans la production agroalimentaire aussi bien vis-à-vis des concurrents traditionnels que des nouveaux concurrents. Ce soutien à la compétitivité devrait aller de pair avec une « politique commerciale de l’UE qui s’efforcera de créer de nouvelles opportunités » et assurer le « respect des normes internationales » par les partenaires commerciaux de l’UE. Last but not least, cette politique industrielle devrait assurer « une aide spécifique aux PME pour leur développement et leur compétitivité» tant sur le marché de l’Union qu’au niveau international.

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