Abonné

Protocole Sucre ACP L’industrie alimentaire salue la décision d’abolir le régime préférentiel

- - 3 min

Si les pays ACP critiquent sévèrement « une mesure unilatérale des Européens », les industries utilisatrices de sucre de l’UE ne sont pas mécontentes de la disparition du Protocole sucre conclu avec les pays ACP décidée par le Conseil des ministres de l’UE. Aux yeux de cette industrie, cela devrait contribuer à donner un coup d’arrêt « aux prix artificiellement élevés pour les utilisateurs et les consommateurs, ainsi qu’au dumping du sucre européen sur les marchés mondiaux ».

La baisse des prix est vitale pour les milliers de petites et moyennes entreprises qui produisent chocolat, biscuits et autres confiseries et la disparition du protocole sucre ACP devait se faire un jour ou l’autre, estiment les utilisateurs industriels. A l’évidence, la situation internationale a changé et le protocole sucre UE/ACP évolue dans une « bulle » de plus en plus anachronique dans le marché mondial. C’est ce qu’a répété David O’Sullivan, le directeur général de la DG « Commerce » de la Commission européenne aux députés européens : « Comment continuer à garantir des prix élevés aux producteurs ACP alors que chez nous il n’y a plus de garantie ?! ». Ce protocole est devenu, selon lui, « tout à fait redondant vis-à-vis de la réforme de l’OCM sucre décidée en 2006 ». S’il accepte les critiques des pays ACP, il indique toutefois que ce que propose la Commission pour les ACP est « tout à fait généreux », rappelant au passage qu’une ligne budgétaire spéciale de 1,3 milliard d’euros (pour 2006-2013) est à leur disposition en vue de les aider à restructurer leurs industries sucrières.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Double pression

D’aucuns estiment que l’UE se trouve désormais face à une double pression : extérieure avec la libéralisation des marchés, les pays émergeants voulant y trouver leur place, et l’OMC. Elle subit également des pressions intérieures : son système est à la limite de l’implosion car sa politique de quotas et de prix élevés garantis aux producteurs et aux industries a incité à produire, provoquant une surproduction chronique. Les nouveaux pays émergeants (Brésil, Inde et Thaïlande), grands producteurs sucriers, dénoncent les pratiques européennes, notamment les subventions internes qu’elle accorde pour écouler ses excédents de sucre sur le marché mondial. Ils s’élèvent également contre les exportations de sucre produit de manière excédentaire dans l’UE destinées à l’exportation. Ils contestent également le sucre que l’UE importe des pays ACP à des prix préférentiels. Un sucre raffiné en Europe qui est lui aussi réexporté à des prix subventionnés. Last but not least, les pratiques de l’UE sont également montrées du doigt par l’OMC. Des plaintes de pays du sud devant l’OMC ont été portées à plusieurs reprises, pour dumping sur les prix. L ’OMC a condamné l’UE à cesser ses subventions aux exportations pour ce qui concerne sa production interne excédentaire et à diminuer ses subventions à l’exportation pour ce qui est du sucre ACP. Elle a donné à l’UE jusqu’à 2006 pour réformer son régime et le mettre en concordance avec ses règles. L’UE s’est pliée à ses injonctions dès 2006 en lançant sa réforme de l’OCM sucre.