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Matières grasses/UE L'industrie alimentaire salue la décision de Copenhague de renoncer à sa taxe sur les graisses

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La décision prise par les autorités danoises d'abolir la taxe sur les produits riches en graisses saturées – un an seulement après son entrée en vigueur – en raison de ses effets néfastes pour les entreprises, est saluée par l'industrie alimentaire européenne dans son ensemble. Aux yeux de l'industrie alimentaire, le revirement de Copenhague confirme « ce que les exploitants du secteur alimentaire et d'autres ont dit en Europe depuis l'introduction de cette mesure fiscale, à savoir que cette taxe sur les graisses est on ne peut plus discriminatoire et inefficace pour combattre l'obésité comme le proclame le gouvernement danois ». Le gouvernement danois a, dans la foulée, également renoncé à sa proposition d'introduire une taxe sur le sucre qui était prévue dans le courant de l'année de 2013.

Le 1er octobre 2011 le Danemark a été le seul État du monde à introduire une taxe sur les produits contenant un pourcentage élevé en graisses saturées (viandes, produits laitiers et huiles de cuisson) en mettant en avant des considérations de santé publique. Selon le ministère danois de la santé, quelque 13 % de la population danoise connaîtraient en effet des problèmes d'obésité. D'un montant équivalent à 2,14 euros le kilo, cette taxe – introduite par le gouvernement danois de droite de l'époque – a touché les produits de viandes, les produits laitiers et les huiles de cuisson dont la composition dépassait 2,3 % de graisses saturées, qu'ils soient produits localement ou importés. Le 10 novembre 2012, devant la levée de boucliers de l'industrie alimentaire danoise, le gouvernement de centre-gauche danois a capitulé et a décidé de renoncer à la taxe sur les matières grasses. Ce pas en arrière satisfait l'industrie alimentaire européenne qui, par le biais de son porte-parole, FoodDrinkEurope, apprécie la décision danoise en rappelant tout le mal que les industriels pensent de cette taxe sur les matières grasses. Cette taxe, « bureaucratique et lourde à mettre en œuvre » n'aurait eu pour principaux effets que de « générer des prix alimentaires plus élevés pour les consommateurs, d'encourager les achats transfrontaliers (vers l'Allemagne voisine essentiellement, ndlr) et de détruire les emplois locaux ». De plus, non seulement cette taxe aurait eu un « impact négatif important sur la compétitivité de l'industrie européenne » mais elle aurait également été « inefficace pour changer le comportement des consommateurs par rapport à des questions complexes telles que les régimes alimentaires et les modes de vie qui auraient plus d'influence sur les tendances à l'obésité ». La preuve ? « Les organisations internationales telles que l'OMS (Organisation mondiale de la santé), ainsi que la Commission européenne, reconnaissent que l'éducation nutritionnelle, qui encourage les consommateurs à avoir une alimentation équilibrée et un mode de vie sain, est indispensable si l'on veut s'attaquer au problème complexe de l'obésité ». Cela, dit encore l'industrie alimentaire, « nécessite des actions de coopération où les gouvernements collaborent avec d'autres intervenants – organismes de santé publique, représentants de la société civile et de l'industrie – avec chacun assumant son rôle respectif, dans le but d'aider à créer des changements de comportement chez les consommateurs ». La taxe sur les graisses sera officiellement abolie à partir de janvier 2013.

Quid des autres taxes similaires dans les autres pays ?

D'aucuns se demandent à présent le sort qui serait réservé aux autres taxes introduites dans d'autres Etats membres de l'UE sur d'autres produits alimentaires pour les mêmes raisons de santé publique. Le 1er septembre 2012, le gouvernement hongrois a par exemple imposé une taxe sur les produits considérés comme contenant des niveaux excessivement élevés en sel, en sucre ou en caféine, une taxe qui a été baptisée « chips tax » et qui frappait le producteur ou le premier distributeur. Plus près encore, notre propre gouvernement a décidé le 21 décembre 2011 de lever lui aussi une taxe mais cette fois sur les boissons non-alcoolisées sucrées. Inspiré par l'exemple français, le gouvernement irlandais s'est mis également à réfléchir à la nécessité d'introduire une taxe sur les boissons gazeuses sucrées pour contribuer à la lutte contre l'obésité. En tout état de cause, l'industrie ne manquera pas cette belle occasion qu'offre le pas en arrière du gouvernement danois sur sa taxe sur les produits contenant un niveau élevé de graisses saturées. Elle pourrait sans complexe ressortir les propres arguments avancés par le ministre danois responsable de la fiscalité, Holger Nielsen, « cette taxe a généré des coûts administratifs levés et a encouragé les achats à l'étranger. Ce n'était pas ce que nous attendions dans la situation économique dans laquelle nous sommes à présent ».

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