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Biocarburants L’industrie alimentaire s’inquiète de ses approvisionnements

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Le développement des biocarburants constitue un défi sérieux pour l’industrie alimentaire européenne et peut modifier fondamentalement la situation de la demande et de l’offre dans l’agriculture. Soucieuse d’anticiper l’impact de la politique européenne des biocarburants, la CIAA fait un appel du pied et suggère à la Commission européenne une série de mesures propres, à ses yeux, à limiter l’éventualité d’une rupture des approvisionnements de l’industrie en matières premières agricoles. Parmi celles-ci, la levée des barrières sur les importations, la fin du régime de jachère des terres agricoles et la signature d’accords commerciaux avec les pays en développement producteurs de matières premières agricoles.

Le fait que de nombreux programmes de biocarburants sont promus à travers le monde est de nature à contribuer à une plus grande volatilité des prix à long terme ainsi qu’à des hausses structurelles de prix sur les marchés agricoles, estime la Confédération européenne des industries agroalimentaires (CIAA). Ayant procédé à sa propre analyse de l’impact de la politique des biocarburants sur l’offre et la demande de matières premières agricoles, la CIAA est arrivée à des conclusions un peu plus serrées que les scénarios établis par la Commission. Elle estime notamment qu’une série de facteurs sont susceptibles de réduire la disponibilité de matières premières agricoles (aléas climatiques, exigences environnementales notamment vis-à-vis des matières premières importées pour la production de biocarburant, manque d’harmonisation au niveau mondial des autorisations des OGM, augmentation de la demande mondiale de matières premières, notamment en provenance des marchés asiatiques). La CIAA fait preuve par ailleurs d’une approche plus prudente pour le développement de la deuxième génération de biocarburants d’ici à 2020 que les niveaux indiqués par la Commission dans son évaluation publiée en juillet 2007 L’évaluation d’impact, publiée par la Commission, envisage un scénario dans lequel 30% des besoins domestiques en biocarburant seraient couverts en 2020 par la 2 ème génération de biocarburants et qui, selon elle, ne devrait pas trop tirer sur la disponibilité des terres. .

Des demandes de flexibilité

Parmi les principales demandes de l’industrie agroalimentaire figurent les pistes suivantes :

– faciliter l’accès aux matières premières agricoles en s’attaquant aux barrières commerciales aux importations de l’UE.

– plus de flexibilité pour les Etats membres pour développer les énergies renouvelables en fonction des capacités nationales et en différenciant les marchés du biodiesel et celui du bioéthanol.

– mesures temporaires pour prévenir les situations de graves déséquilibres du marché et la pénurie d’approvisionnement en matières premières agricoles (ouverture de quotas tarifaires, suspension temporaire des droits de douane).

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– fin du régime des jachères pour permettre aux agriculteurs de développer les cultures de leur choix.

– reconsidération de la prime aux producteurs d’énergie renouvelables.

– introduction d’un observatoire de l’alimentation afin d’examiner régulièrement la disponibilité et le prix des matières premières agricoles et d’anticiper les tendances.

– signature d’accords bilatéraux ou régionaux avec les pays en développement producteurs de céréales et de graines oléagineuses, notamment en améliorant l’accès au marché de l’UE et l’aide au développement.