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Recherche/UE L’industrie applaudit la stratégie annoncée par Bruxelles en faveur d’une bioéconomie durable

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L’industrie agroalimentaire européenne se félicite de la publication de la communication de la Commission européenne visant à intégrer davantage et de manière durable l’utilisation de ressources renouvelables dans l’économie européenne. L’industrie européenne affirme qu’elle a un rôle clé à jouer dans le développement de ce secteur de la bioéconomie qui représente déjà un chiffre d’affaires de plus de 2 000 milliards d’euros.

Intitulée « Innovation au service d’une croissance durable: une bioéconomie pour l’Europe », cette communication de la Commission se fixe pour ambition de parvenir à une économie plus innovante et à faibles émissions, à même de concilier les impératifs de la sécurité alimentaire et de l’utilisation durable de ressources biologiques renouvelables à des fins industrielles, tout en assurant la protection de l’environnement et la biodiversité. « L’Europe doit effectuer le passage à une économie de l’après-pétrole. Utiliser davantage les ressources renouvelables n’est plus une simple option, c’est une nécessité. Nous devons favoriser le passage d’une société reposant sur les combustibles fossiles à une “biosociété”, la recherche et l’innovation servant de moteur. Cela sera bon pour notre sécurité alimentaire, notre environnement, notre sécurité énergétique ainsi que pour la compétitivité future de l’Europe ». Cette déclaration de Geoghegan-Quinn, commissaire européenne responsable de la recherche, de l’innovation et de la science, ne pouvait que réjouir les opérateurs agroalimentaires de l’UE. En effet, dans cette communication, le rôle majeur de l’industrie dans le développement de la bioéconomie européenne est explicitement reconnu. « L’industrie se félicite de la reconnaissance du fait qu’elle a un grand rôle à jouer dans la transition vers une économie plus novatrice et à faibles émissions de carbone. Encourager l’innovation est au cœur du renforcement de la compétitivité de l’industrie alimentaire de l’Europe à la fois sur le plan interne et à travers le monde  », a notamment déclaré Jesus Serafin Perez, le président de FoodDrinkEurope, le lobby de l’industrie agroalimentaire européenne. Selon lui, l’industrie européenne est à même de contribuer « à apporter des réponses aux défis mondiaux tels que la santé humaine, les besoins d’une population vieillissante et la préservation des ressources naturelles tout en veillant à assurer les plus hautes normes de sécurité des aliments en Europe ». La stratégie de la Commission pour une bioéconomie européenne est assortie d’un plan d’action qui se concentre sur trois éléments majeurs : mise au point de nouvelles technologies et de nouveaux procédés pour la bioéconomie ; développement des marchés et de la compétitivité dans les secteurs de la bioéconomie et incitation des responsables politiques et des parties prenantes à travailler plus étroitement ensemble.

Investissements dans la recherche
Selon la Commission, l’investissement dans la recherche, l’innovation et les compétences au service de la bioéconomie devrait être réalisé grâce à des financements de l’UE, des financements nationaux et des investissements privés, ainsi qu’en développant des synergies avec d’autres initiatives stratégiques. La stratégie serait de promouvoir les activités de recherche et d’innovation pour l’UE, d’accroître le leadership et l’investissement dans la bioéconomie, d’augmenter la part de la population active qualifiée en bioéconomie et de promouvoir l’entrepreneuriat. La nécessité d’augmenter le financement public de la recherche et l’innovation en bioéconomie a été reconnue dans la proposition de la Commission européenne pour ses programmes de recherche futurs à l’horizon de 2020 : 4,5 milliards d’euros ont déjà été proposés pour « la sécurité alimentaire, l’agriculture durable, la recherche marine et maritime, et la bioéconomie ». Ces actions seraient par ailleurs complétées par la recherche et l’innovation dans les technologies industrielles (biotechnologie, nanotechnologie et technologies de l’information et de la communication).

Développement des marchés et de la compétitivité en bioéconomie
La Commission estime que le développement de marchés et de la compétitivité dans les secteurs de la bioéconomie pourrait être assuré grâce à une intensification durable de la production primaire, la conversion des flux de déchets en produits à valeur ajoutée, ainsi qu’à des mécanismes d’apprentissage mutuel permettant d’améliorer la production et d’utiliser plus efficacement les ressources. À titre d’exemple, l’élimination des déchets alimentaires coûterait au contribuable européen entre 55 et 90 euros par tonne et produirait 170 millions de tonnes de CO2. Ces déchets pourraient être transformés en bioénergie ou en d’autres bioproduits, ce qui permettrait de créer des emplois et de stimuler la croissance. Le financement accru de la recherche prévu par la stratégie de la bioéconomie pourrait générer une valeur ajoutée d’environ 45 milliards d’euros et créer quelque 130 000 emplois dans les secteurs de bioéconomie en 2025. Il contribuerait également aux objectifs de la Commission visant à passer à une économie à faible émission de carbone en 2050.

Coordination des politiques et engagement avec les parties prenantes
La stratégie en bioéconomie vise à dégager des synergies et des complémentarités avec d’autres domaines d’action, instruments et sources de financement qui poursuivent les mêmes objectifs, comme le Fonds de cohésion de l’UE, la Pac, la PCP (pêche), la politique maritime intégrée (PMI) ainsi que les politiques en matière d’environnement, industrielle, de l’emploi, de l’énergie et de santé. Elle prévoit une série d’étapes à suivre pour parvenir à une plus grande cohérence. Il s’agira d’abord de créer un Groupe d’experts en bioéconomie qui se basera sur des ressources et des structures déjà existantes et qui impliquera les services pertinents de la Commission européenne, des États membres et des parties prenantes afin d’assurer des synergies et la cohérence entre les politiques, les initiatives et les secteurs économiques. Un « Observatoire en bioéconomie » au niveau de l’UE devra être mis sur pied pour évaluer les progrès et l’impact de la bioéconomie en Europe. Soutenir le développement de stratégies régionales et nationales bioéconomie en fournissant une cartographie des activités de recherche et d’innovation existants, les centres de compétences et d’infrastructures dans l’UE (en 2015) constitue la 3e phase. La dernière étape consisterait à favoriser la participation de chercheurs, de décideurs et de représentants de la société civile dans un dialogue ouvert et éclairé tout au long du processus de recherche et d’innovation de la bioéconomie.
 
(1) Au niveau de l’UE, le Danemark, la Finlande, l’Allemagne, l’Irlande et les Pays-Bas, ont d’ores et déjà mis en place des stratégies en matière de bioéconomie. Sur la scène internationale, le Canada, la Chine, l’Afrique du Sud et les États-Unis ont adopté ou sont en train de préparer des stratégies ambitieuses. 

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