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ORGANISATION PROFESSIONNELLE/CHARCUTERIE L'industrie de la charcuterie lance un cri d'alarme

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CONQUÉRIR LES MARCHÉS ÉTRANGERS

« L'industrie de la charcuterie française est dans une situation extrêmement périlleuse », s'inquiète la Fédération des industriels charcutiers traiteurs, dans une lettre ouverte adressée le 16 décembre au gouvernement et aux parlementaires. Elle en veut pour preuve un résultat net avant impôts historiquement bas de 65 millions d'euros, soit 0,9% du chiffre d'affaires. Une situation qui contraste avec le résultat net avant impôt des rayons charcuterie des grandes et moyennes surfaces (GMS) qui ressort à 9,1% du CA, soit une estimation de 596 M €, citant les chiffres établis par le dernier rapport de l'Observatoire des prix et des marges. « La tenaille dans laquelle est prise l'industrie de la charcuterie a déjà fait disparaître des entreprises et 2 000 emplois en 2 ans », dénonce la Fict, soulignant que 47% des 238 entreprises étudiées ont été en perte en 2012. La fédération demande notamment que le gouvernement et le parlement prennent conscience que les charcutiers utilisent 70% de la production porcine française, voie ses ventes progresser constamment à 6,5Md€ et qu'elle emploie 350 000 personnes dans 300 établissements sur tout le territoire. Elle demande que les dirigeants politiques facilitent « une revalorisation des prix d'achat des grands distributeurs qui reflète les variations de coût très significatives supportées par nos entreprises et non répercutées depuis des années ». C'est une des clés, mais pas la seule pour, retrouver la compétitivité en investissant.

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« Il est fondamental que nos entreprises retrouvent leur rentabilité pour être plus performantes en se dotant des moyens adéquats », nous déclare Robert Volut, président de la Fict. Il faut que les entreprises soient en mesure de répondre aux opportunités qui pourraient se présenter à l'étranger. De nouvelles perspectives s'ouvrent à l'export et il serait dommage de ne pas pouvoir y répondre. C'est ainsi que la visite de Jean-Marc Ayrault en Chine a permis la signature « de deux protocoles ombrelle sur les produits charcutiers qui couvrent la totalité du sec, cuit, fumé, frais ou conserve », rappelle Robert Volut. Cela se traduira au début de l'année 2014 par la visite de missions d'audit d'experts chinois. Les Français vont établir une liste de dix industries qui seront candidates pour accueillir ces inspecteurs chinois. La délégation en retiendra quatre et si les conclusions sont favorables, l'agrément pour exporter les produits charcutiers pourrait être délivré pour l'ensemble des industriels s'étant portés candidats. Le ministère de l'Agroalimentaire suit le dossier de très prés, nous précise Jean-Philippe Dop, conseiller en charge de la promotion internationale des produits auprès de Guillaume Garot.

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« Nous travaillons en étroite collaboration avec l'ambassade de France à Pékin et le poste y sera renforcé par un conseiller agricole supplémentaire l'an prochain. L'Association France-Chine pour la fédération des interprofessions sera par ailleurs réunie au ministère en janvier prochain ». Il rappelle enfin qu'Inaporc a un représentant permanent en Chine et « creuse son chemin ».