L'industrie des produits biosourcés est proche du lancement d'un partenariat public-privé (PPP), a-t-on appris à l'occasion de l'assemblée générale du pôle de compétitivité Industrie et agro-ressources (IAR), qui s'est tenue le 27 mai à Laon. L'objectif est de ne pas se laisser distancer par les compétiteurs internationaux, et d'aboutir dans les années qui viennent à des unités de démonstration.
Le lancement d'un partenariat public-privé pour l'industrie des produits biosourcés est programmé. Déjà les gouvernements européens ont donné leur feu vert le 6 mai au déploiement du « paquet investissements dans l'innovation ». Le partenariat public-privé Bio-based industries (BBI) en fait partie. Budget : 3,8 milliards d'euros pour le seul BBI, sur les années 20142020.
L'UE mettra un milliard d'euros sur la table, a indiqué Dominique Dutartre, président du pôle IAR. Le reste (2,8 milliards) sera apporté par les industriels. Sur ces 2,8 milliards, 1,8 milliard concernera les « projets compétitifs », autrement dit des programmes qui ont dépassé le stade du laboratoire, et qui sont mûrs pour le pilote de démonstration.
Le premier appel d'offres du PPP sera lancé le 9 juillet, avec une petite somme pour cette année de lancement. Les secteurs les plus prêts seraient celui des biomolécules pour la chimie et celui de la papeterie, industrie qui cherche à valoriser ses déchets.
Le pôle IAR veut représenter davantage les PMELe pôle de compétitivité Industrie et agro-ressources, qui a pour mission de développer par la recherche-développement l'industrie des produits biosourcés, veut représenter davantage les PME. Il a pour cela décidé d'augmenter le nombre de membres de son bureau, en le portant de 8 à 12 membres, a indiqué son président, Dominique Dutartre. « Nous souhaitons faire entrer dans notre tour de table davantage de PME. C'est par elles que le pays réactivera son tissu économique », a-t-il commenté. Le pôle, qui compte 245 membres, a en accueilli 39 nouveaux en 2013, dont 10 PME et 19 TPE.
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En dehors du PPP, les dirigeants du pôle misent sur les encouragements des programmes français, tel celui d'Arnaud Montebourg sur les 34 axes de développement industriel dont la chimie, ou les sept ambitions de la commission innovation 2030 présidée par Anne Lauvergeon.
Sans attendre ces soutiens, le pôle a développé plusieurs services en 2013 à destination des PME, pour mieux les accompagner, a indiqué Thierry Stadler, directeur général du pôle : le service IAR International, qui ouvre aux PME les portes des partenariats de R & D ou de commercialisation. Le service IAR Academy, qui met en relation les entreprises et les lycées et universités, pour que le recrutement soit plus fluide et que les étudiants soient davantage informés des débouchés ; et aussi que la formation soit mieux adaptée aux réalités du monde économique. Le service IAR Invest, dans sa seconde année d'existence, permet de financer de start-up et de convaincre les investisseurs.
Patrick Artus : les entreprises peuvent vendre plus cher si elles innoventPatrick Artus, membre du comité exécutif de Natixis, invité à s'exprimer sur la compétitivité de l'industrie française, a encouragé son auditoire à innover et à se placer sur des marchés différenciés. La nécessité de se différencier, pour pratiquer des prix plus élevés, est d'autant plus nécessaire qu'une nouvelle concurrence apparaît. L'économiste a signalé que les concurrents de l'industrie française ne sont plus vraiment les pays émergents : Chine, Inde, Brésil, Turquie, Afrique du Sud. Ces pays ont des coûts industriels en hausse et rencontrent des difficultés d'adaptation de la formation aux besoins de leur industrie. En revanche, « d'autres concurrents apparaissent, plus près de vous » : l'Espagne, avec des coûts de production en baisse de 20% en quelques années, et les États-Unis.
L'ASSEMBLÉE générale du pôle IAR a rendu hommage à Daniel Thomas, un de ses fondateurs, décédé le 4 mai. Daniel Thomas, parti à 68 ans, est considéré comme le père des biotechnologies et notamment du génie enzymatique et des biotechnologies industrielles en France. Vice-président du pôle, il en a été le président de 2009 à 2011. Fils d'ouvrier agricole, il a été chargé de recherche au CNRS en 1969, associé de recherche à l'université d'Harvard en 1972-1973, puis professeur à l'UTC de Compiègne. Auteur de 350 publications scientifiques dans des revues internationales, il a été le concepteur du projet Pivert (raffinerie oléagineuse à Compiègne). Au niveau international, il a été président de comités d'expert de l'OCDE. Il était président du conseil de surveillance de Metabolic Explorer, société qui met au point des procédés de transformation de la biomasse en molécules de remplacement du pétrole.