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Nutrition/santé L’industrie doit agir contre l’obésité, selon les eurodéputés

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« L’industrie agro-alimentaire doit assumer sa part de responsabilités dans l’augmentation de l’obésité. Il est aussi impératif de restreindre le marketing agressif des “fast-food”, particulièrement quand il a pour cible les enfants. L’industrie devrait également offrir une alimentation équilibrée plutôt que des en-cas sucrés ou riches en graisses ». En adoptant le rapport de Frédérique Ries (libérale belge) , le Parlement européen réclame et des professionnels et de l’Europe une politique plus efficace et plus volontaire en matière de lutte contre l’obésité. Il attend que des mesures concrètes soient inscrites rapidement par la Commission dans un Livre blanc, afin de diminuer le nombre de personnes en surpoids et obèses à compter de 2015 au plus tard.

Si le Parlement européen se félicite des engagements volontaires déjà promis par les parties prenantes à la « Plate-forme d’action relative à l’alimentation, à l’activité physique et à la santé », il souligne, à travers le rapport de l’eurodéputée belge, la nécessité de garantir que ces engagements pris dans ce cadre « seront réellement contrôlés ». Il fait toutefois observer que, jusqu’à maintenant, 5 % seulement de l’ensemble des engagements volontaires pris dans le cadre de la plate-forme sont liés au développement de produits. Il invite donc la Commission à mettre en place des critères d’évaluation clairs et fait observer qu’une évaluation fiable est capitale pour garantir que les progrès pourront être correctement mesurés et pour permettre d’envisager, le cas échéant, de nouvelles actions ou propositions législatives de l’UE. La Commission est invitée à présenter chaque année un rapport au Parlement sur les succès obtenus dans le cadre de cette plate-forme.

Les eurodéputés appellent la Commission à établir, dans le contexte de la plate-forme, des engagements volontaires ou autorégulatoires visant à mettre un terme à la promotion auprès des enfants de produits alimentaires riches en matières grasses, en sucre et en sel. Et, « pour le cas où l’autorégulation échouerait à apporter des changements », ils la pressent de présenter des propositions législatives. Ils considèrent « indispensable à terme » la concrétisation d’un « gentleman agreement » entre la Commission et les industries des médias européens qui impliquerait l’inscription obligatoire pour les productions destinées aux enfants sur différents supports médiatiques (TV, cinéma, Internet et jeux vidéo), de « mentions sanitaires et ludiques » visant à sensibiliser la jeunesse européenne à l’importance de la pratique sportive et de la consommation de fruits et légumes pour rester en bonne santé.

Passer davantage au concret

Le rapport adopté par les députés considère comme « un pas dans la bonne direction » la tendance qui prévaut aujourd’hui dans différents secteurs de l’industrie alimentaire européenne d’agir concrètement pour recentrer l’offre commerciale destinée aux enfants et mettre en place un étiquetage nutritionnel des aliments et boissons. Néanmoins, les élus européens réclament la « concrétisation rapide » des engagements pris le 20 décembre 2005 par le secteur européen des boissons non alcoolisées dans son Code de conduite, en particulier celui visant à limiter les démarches commerciales vers les écoles primaires. Ils estiment que la présence de distributeurs automatiques dans les collèges et les lycées, lorsqu’elle est autorisée, doit être conforme à des règles d’alimentation saine. Les eurodéputés stigmatisent la « fréquence et l’intensité des campagnes télévisées de publicité et de promotion d’aliments destinées exclusivement aux enfants » et soulignent que de telles pratiques commerciales n’encouragent pas des habitudes alimentaires saines et doivent dès lors être encadrées au niveau de l’UE grâce à la révision de la directive « Télévision sans frontières ».

Etiquetage : une révision urgente

Le Parlement considère que le règlement n° 1924/2006 sur les allégations nutritionnelles et de santé portant sur les denrées alimentaires devrait être mis en œuvre de façon à continuer à encourager les producteurs de produits alimentaires et de boissons, et à leur donner les moyens d’innover et d’améliorer leurs produits. Dans ce contexte, la priorité doit être donnée à la mise en place, par l’Autorité européenne de sécurité des aliments, de profils nutritionnels, « en tenant compte des données disponibles les plus récentes, et en coopération étroite avec les ONG de consommateurs et les acteurs du secteur alimentaire, y compris les distributeurs ».

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Pour les eurodéputés, la directive 90/496 relative à l’étiquetage nutritionnel des denrées alimentaires doit être révisée sans délai, afin de comporter, au minimum, « l’obligation de mentionner la présence et la quantité des nutriments ainsi que la nature des matières grasses » tout en répondant aux objectifs de simplification et d’harmonisation de la législation européenne, ce qui rejoindrait d’ailleurs les recommandations des acteurs industriels et des associations de consommateurs.

Les élus européens appellent enfin à « une plus grande cohérence entre la PAC et les politiques de santé initiées par l’UE » et demandent à la Commission de vérifier rigoureusement que les subsides européens reçus par certains secteurs industriels

« ne servent en aucun cas à financer des campagnes promotionnelles présentant sous un jour favorable des produits hautement caloriques ».