S’il salue les conclusions générales du Conseil des ministres européens de la santé sur la stratégie de l’UE en matière de nutrition, de surcharge pondérale et d’obésité (voir encadré), EUsalt , le lobby de l’industrie du sel, dénonce le fait que les ministres aient pris pour cible principale de leur combat contre l’obésité la réduction des apports journaliers en sel. L’industrie du sel estime que les données scientifiques actuelles « n’établissent aucun lien de cause à effet entre la consommation de sel et les problèmes d’obésité ».
Le fait que la réduction du sel a été fixée comme « première cible » dans sa stratégie en Europe par le Conseil des ministres de la santé ne plaît pas à l’industrie du sel. A la rigueur la réduction du sel pourrait-elle être définie comme une cible dans une stratégie à long terme sur la santé, car, dit-elle, « les scientifiques n’ont pas établi de lien entre le sel et l’obésité ». Il n’y aurait pas non plus, à ses yeux, de consensus entre les scientifiques « sur les améliorations de la santé de la population du fait d’une réduction des apports en sel ». Toute initiative de réduction des apports en sel, dit encore EUsalt, « ne ferait que détourner l’attention et les ressources des vrais problèmes de santé ». Elle estime en revanche qu’un mode de vie plus sain « sera la seule solution » pour faire face à la surcharge pondérale et au problème de l’obésité en Europe. Cela implique de promouvoir une alimentation saine et équilibrée, de limiter l’apport excessif en énergie dans l’alimentation quotidienne et d’encourager les possibilités sportives et de loisirs.
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Avertissements de l’AESA
Et pourtant à plusieurs reprises, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) a procédé à des évaluations de risque en ce qui concerne l’apport en sel et a conclu que la consommation actuelle de sel augmente la tension artérielle, facteur de risque majeur dans les maladies cardiaques et certaines affections rénales. EuSalt n’en démord pas et insiste sur le fait que les données médicales existantes sont « obsolètes et partiales et que la population en bonne santé n’aurait aucun intérêt à réduire sa consommation de sel ». La preuve, dit-elle, les conclusions de la récente publication de J. Walker et coll. Réduire vos apports en sel vous fera-t-il vivre plus longtemps ?, montrent « l’impossibilité de prouver un lien entre le sel et les maladies cardiovasculaires ».