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UE/Compétitivité L’industrie européenne bousculée par les économies émergentes, selon un rapport de la CIAA

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La position concurrentielle de l’industrie alimentaire et des boissons de l’UE en termes de valeur de la production, de productivité du travail, de part de marché et d’investissement en R&D accuse des faiblesses, tout cela au profit notamment des économies des pays émergents. C’est ce qu’affirme le rapport 2010 de la CIAA (Confédération des industries agroalimentaires de l’UE) sur la « performance de la compétitivité de l’industrie agroalimentaire européenne ». Pour améliorer la situation, les auteurs du rapport proposent un catalogue de recommandations que les autorités politiques européennes sont invitées à soutenir et à mettre en œuvre.

Ralentissement de la croissance de la productivité du travail, faible niveau des investissements des entreprises en R&D, prolifération de pratiques déloyales au sein de la chaîne alimentaire, approvisionnement en matières premières à des prix relativement élevés, parts de marchés à l’export en retrait. Le tableau dressé par la CIAA dans son rapport 2010 sur la compétitivité de l’industrie agroalimentaire européenne montre que d’année en année l’Europe se fait grignoter ses parts de marchés à l’export à travers le monde, même si celle-ci s’efforce de rassurer en rappelant que l’industrie européenne « demeure globalement le plus grand exportateur mondial ». Une situation qui, dit le rapport, exige que des mesures concrètes soient prises dans une série de domaines et en premier lieu en matière de productivité du travail. Selon les auteurs du rapport, « l’UE reste à la traîne dans ce domaine par rapport aux industries des Etats-Unis, de la Nouvelle-Zélande, de l’Australie et du Canada ». La croissance de la productivité du travail dans l’agroalimentaire est également « en retard par rapport aux niveaux de croissance de pays émergents comme la Chine et le Brésil ». Les principales causes de la baisse de la productivité du travail dans l’agroalimentaire européen seraient, selon la CIAA, « l’absence d’exposition des travailleurs aux meilleures pratiques mondiales (1), la faible intensité de la concurrence et la promotion des objectifs sociaux légitimes qui ont un coût économique élevé ». En conséquence, dit le rapport, « l’Europe connaît une diminution des investissements par rapport à ses concurrents dans les pays développés ».

Perte de parts de marchés à l’export
Si l’Union reste le premier exportateur mondial de produits alimentaires et de boissons, ses parts de marchés à l’export à travers le monde ont chuté de 24,6% à 17,5% durant la période 1998-2008, note le rapport de la CIAA. Une tendance générale que connaissent tous les pays développés, à l’exception de la Nouvelle Zélande, et dont les parts de marchés sont récupérées de plus en plus par les économies des pays émergents comme le Brésil et la Chine. Et pour que l’UE puisse maintenir ses parts de marchés dans le monde et bénéficier de l’expansion des marchés émergents, la CIAA recommande « d’améliorer l’environnement commercial », environnement qui devrait inclure en particulier des mesures visant à prévenir et à éliminer les barrières règlementaires ainsi que la conclusion d’accords de libre échange commerciaux équilibrés, qu’ils soient multilatéraux ou bilatéraux ».

Recherche et Développement de l’UE à la traîne
Traditionnellement les investissements en R&D dans le secteur des aliments et des boissons en Europe se sont révélés « très faibles tant par rapport aux autres secteurs de l’industrie européenne qu’aux secteurs agroalimentaires des pays tiers », indique le rapport de la CIAA. Alors que les niveaux de dépenses en R&D sont « non seulement plus élevés mais continuent de grimper dans d’autres régions comme au Japon, aux Etats-Unis, en Australie et en Corée du sud », celles de l’Union stagnent aux alentours de 0,37 % (en pourcentage de la production industrielle) depuis ces dernières années. Pour remédier à cette situation, les auteurs du rapport recommandent tant aux acteurs publics que ceux du privé d’augmenter leurs dépenses de R&D et d’œuvrer pour une stratégie européenne de R&D cohérente dans le secteur agroalimentaire ainsi que la promotion des transferts de connaissances à travers l’Union avec à la clé la création d’emplois.
La CIAA note enfin que les recommandations et le Plan d’action adoptés en 2009 par le Groupe de haut niveau sur la Compétitivité de l’industrie agroalimentaire fournissent « une base solide pour la fixation d’objectifs pour la compétitivité du secteur agroalimentaire pour les années à venir ». Elle se dit également engagée à participer activement au nouveau Forum pour un meilleur fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement alimentaire » et de ses plates-formes techniques et Groupes de travail, « afin de contribuer à des résultats qui stimuleraient la compétitivité du secteur des aliments et des boissons dans le cadre des objectifs socio-économiques et environnementaux de la stratégie de l’UE 2020 ».

(1) En raison, dit le rapport, des obstacles sur le marché de produits tels que « les restrictions commerciales, les contraintes en matière de prix, la réglementation sur la propriété des terres, etc ».

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