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Viandes L’industrie européenne des viandes mal préparée à la mondialisation du secteur

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Dans un contexte qui devrait rester potentiellement porteur, l’industrie mondiale de la viande connaîtra d’importants bouleversements au cours des prochaines décennies. Pour être en mesure de tenir leur rang face à la puissance des multinationales américaines et brésiliennes, les sociétés européennes doivent s’appliquer à revoir leur stratégie et procéder à de profondes mutations. Telles sont les conclusions d’une analyse de la Rabobank International (Pays-Bas) qui souligne le trop grand émiettement du secteur au niveau européen.

L’auteur de l’étude, Albert Vernooij, spécialiste du secteur agro-alimentaire à la banque néerlandaise Rabobank, dispense une série de conseils aux entreprises européennes de la viande pour qu’elles puissent tirer profit de la mondialisation du secteur. La demande mondiale de viande va augmenter rapidement, la croissance la plus forte étant attendue en Asie (70 %), en Amérique du Sud et en Afrique (28 %). Bientôt, près de 10 % de la production totale de viande fera l’objet d’échanges internationaux. La consolidation de l’industrie mondiale de la viande est le fait des sociétés américaines et brésiliennes alors que l’industrie européenne reste le plus souvent segmentée et utilise peu les opportunités offertes par le grand marché européen. A l’heure actuelle, poursuit l’expert de la Rabobank, plus de la moitié des plus grandes sociétés sont originaires d’Amérique du Sud. De plus, la Chine et l’Asie occupent une part de plus en plus importante au niveau mondial, ce qui n’est pas le cas des sociétés européennes qui se situent à un rang modeste.

Efforts de commercialisation limités
Selon le processus de mondialisation en cours dans l’industrie de la viande, les sociétés deviennent de plus en plus grandes à l’instar des chaînes de distribution. Autant de raisons pour M. Vernooij qui doivent pousser l’industrie européenne à revoir son positionnement. Trop de sociétés, déplore-t-il, continuent à se focaliser sur un seul marché en limitant leur effort de commercialisation à une seule viande sans chercher à se tourner vers les 500 millions de consommateurs européens. Selon lui, une consolidation de l’industrie européenne est nécessaire au cours des dix prochaines années pour que les sociétés puissent rester en phase avec les plus grandes compagnies internationales. Il note aussi que de bonnes opportunités existent également pour les marchés de niche et que la volatilité des prix des aliments pour animaux et la variation des taux de change seront deux des défis majeurs que l’industrie de la viande aura à relever.

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