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L’industrie européenne se satisfait de la mini-réforme

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Le conseil des ministres de l’Agriculture de l’UE a approuvé plusieurs mesures proposées par Bruxelles visant une amélioration de la gestion du marché communautaire du lait et des produits laitiers. Si elle salue la plupart des mesures adoptées, l’Association de l’Industrie laitière européenne (EDA) regrette cependant la décision de supprimer l’aide au stockage privé pour la crème et le lait écrémé, qui était destinée à soutenir le marché laitier.

La modification des règles relatives aux teneurs en protéines des poudres de lait et du lait concentré en vue de leur alignement sur les normes internationales (Codex) et en vue de permettre la standardisation à une teneur minimale exprimée en matière sèche dégraissée de 34 % satisfait pleinement les responsables de l’European Dairy Association (EDA) (actuellement, la teneur naturelle en protéines du lait en poudre oscille entre 31 et 37 %). Le lobby des industries des produits laitiers estime que les mesures adoptées par les ministres permettront aux producteurs de l’UE d’être sur un pied d’égalité avec leurs concurrents extracommunautaires « qui observent les normes du Codex depuis le début des années 90 et qui, de ce fait, jouissaient jusqu’à ce jour d’un certain avantage économique par rapport aux producteurs européens ».

Teneur en matières grasses du lait de consommation liquide

La législation actuelle stipule que seules 3 catégories de lait de consommation peuvent être produites et commercialisées dans l‘UE, à savoir: le lait écrémé (0,5 % M.G. ou moins), le lait demi-écrémé (entre 1,5 % et 1,8 % M.G.) et le lait entier (3,5 % M.G. ou plus). Toutefois, il existe de nombreuses dérogations à cette règle qui expireront en 2009. Afin de tenir compte des habitudes alimentaires dans les différents Etats-membres (tendance à la consommation de produits laitiers contenant moins de matières grasses) et d’encourager la production de produits agricoles recherchés sur le marché, la Commission a proposé de libéraliser le marché du lait liquide en autorisant la production et la commercialisation de lait ayant des teneurs en M.G. en dehors des trois catégories établies, « à condition qu’une information claire et lisible sur la teneur en matière grasse figure sur l’étiquette ». Même si la décision du Conseil des ministres d’approuver cette proposition de la Commission « soulève une série de problèmes techniques qui nécessitent plus d‘analyses », les membres d‘EDA se disent prêts à la soutenir.

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Taux d’aide unique en faveur du lait distribué dans les écoles

Étant donné que le régime actuel d’aide au lait distribué dans les écoles est compliqué et lourd à gérer et qu’il n’est plus conforme aux habitudes alimentaires dans un certain nombre d’États membres, la Commission a proposé d’introduire une aide unique au lait de consommation, quelle que soit sa teneur en matières grasses (le niveau de l‘aide correspond à la moyenne des dépenses de la dernière année scolaire). Le taux de l’aide sera fixé à 18,15 euros/100 kg pour toutes les catégories de lait. Les écoles peuvent choisir le type de lait qu’elles fourniront. EDA approuve ces mesures.

Suppression de l‘aide au stockage privé du LEP

Même si elle s’y est fortement opposée dès le départ et même si elle a reçu le soutien de la commission de l’Agriculture du Parlement européen, EDA n’a pas réussi à faire fléchir la décision de l’UE de supprimer l’aide au stockage privé de crème ou de lait écrémé en poudre en raison de sa non-utilisation par les opérateurs laitiers. EDA estime que « même si ce système n‘a pas été utilisé depuis de nombreuses années, il pourrait être un des instruments à utiliser à l‘avenir. Il peut servir de roue de secours au cas où ».