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UE/IAA L’industrie hostile à l’extension de l’Ecolabel européen aux denrées alimentaires

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L’idée d’étendre la portée de l’Ecolabel européen aux produits alimentaires ne plaît pas beaucoup à l’industrie agroalimentaire européenne. Celle-ci considère qu’une telle extension serait non seulement très compliquée à mettre en place mais également qu’elle n’aurait aucune valeur ajoutée dans une perspective environnementale. Pire : elle ne ferait qu’ajouter à la confusion des consommateurs avec les produits biologiques.

Faut-il élargir le champ de l’Ecolabel européen aux produits alimentaires et aux boissons ? Non, ce ne serait pas une bonne idée, répond l’industrie agroalimentaire européenne. Par la voix de son lobby à Bruxelles, FoodDrinkEurope (ex-Ciaa), elle explique qu’une telle extension ne ferait qu’induire en erreur les consommateurs avec le label des produits biologiques et qu’elle ne leur apporterait aucune information sur les véritables performances environnementales des produits alimentaires tout au long de leur cycle de vie. L’industrie affirme aussi que l’évaluation environnementale des denrées alimentaires serait par ailleurs une opération « hautement complexe, sans véritable valeur ajoutée en matière de respect de l’environnement et qui exigerait beaucoup de ressources, notamment financières, lesquelles seraient particulièrement lourdes pour les PME. Pour appuyer ses réticences, l’industrie agroalimentaire brandit les conclusions d’une étude de faisabilité sur ce sujet – commandée par Bruxelles – lesquelles souligneraient justement que les impacts environnementaux, éthiques et sociaux d’une extension de l’Ecolabel aux aliments et boissons seraient « difficiles à mesurer et à comparer » et que le véritable impact sur l’environnement « dépendrait dans une très large mesure des conditions locales ». Toujours selon FoodDrinkEurope, cette étude aurait montré que les capacités d’expertise nécessaires pour élaborer des critères « Ecolabel » n’existeraient pas au niveau des autorités nationales compétentes et nécessiteraient des ressources importantes à développer. Par conséquent, FoodDrinkEurope invite la Commission européenne à maintenir l’exemption actuelle des produits alimentaires et des boissons quant au label écologique communautaire.

Pas de proposition avant le printemps 2012
C’est le règlement 66/2010 établissant le label écologique de l’UE qui prévoit d’étendre ce type d’étiquetage à d’autres catégories de nouveaux produits, y compris les denrées alimentaires. Toutefois, celui-ci stipule qu’avant de l’étendre au secteur alimentaire, tous les aspects pratiques d’une telle extension doivent être soigneusement évalués. Ce règlement a pour ambition de stimuler la conception, la commercialisation et l’utilisation de produits qui sont moins nocifs pour l’environnement pendant tout leur cycle de vie. A ce jour, l’Ecolabel a été accordé à plus de 3 000 produits non-food (essentiellement des détergents, des papiers et des chaussures). Des sources communautaires ont affirmé à Agra alimentation que la Commission européenne n’a pas encore arrêté une position sur l’extension de l’Ecolabel aux denrées alimentaires et aux boissons et que celle-ci n’est pas attendue avant mars 2012. Dans l’intervalle la Commission va étudier en profondeur les conclusions de l’étude de faisabilité qu’elle vient de recevoir sur ce dossier.

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