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UE/Taxation santé L’industrie laitière dénonce la taxe danoise sur les graisses saturées

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Par la voix de son porte-parole, European Dairy Association (EDA), l’industrie laitière européenne s’oppose à l’introduction de la taxe sur les graisses saturées décidée par le gouvernement danois et n’y voit aucun intérêt ni pour l’industrie ni pour les consommateurs. A ses yeux, il s’agit d’une taxe qui va non seulement fausser la concurrence au sein de l’Union mais également alourdir la paperasserie des entreprises. Pire : contrairement aux raisons invoquées par les autorités danoises, notamment la lutte contre l’obésité, la nouvelle taxe n’aurait, selon l’EDA, pas d’impact positif sur les habitudes diététiques des Danois.

La taxe récemment introduite au Danemark sur les produits contenant un certain pourcentage de graisses saturées est fortement dénoncée par l’industrie laitière européenne. European Dairy Association, son porte-parole auprès des institutions de l’UE, affirme que cette nouvelle taxe « soulève des préoccupations considérables quant à son impact social et économique » et qu’elle aurait même des « conséquences potentielles sur la situation sanitaire de la population danoise ».
Présentée comme une mesure pour lutter contre l’obésité, la taxe danoise sur les produits alimentaires contenant un certain pourcentage de graisses saturées (plus de 2,3% d’acides gras) fera augmenter le prix des produits de 16 couronnes (2,15 euros) par kilogramme de graisses saturées. Elle toucherait en grande partie des produits fabriqués par l’industrie laitière et en particulier le beurre, les fromages, les crèmes et les produits transformés les contenant. « Nous ne pouvons pas soutenir l’introduction de cette taxe sur les graisses saturées dans les produits laitiers, c’est une taxe qui n’est pas justifiée », explique Joop Kleibeuker, secrétaire général de EDA.

Une taxe discriminatoire et qui fausse la concurrence
La taxe danoise est également accusée d’augmenter les charges administratives non seulement pour les entreprises danoises mais également étrangères. Que les produits soient de fabrication danoise ou importés, les entreprises seraient obligées de réclamer des déclarations aux producteurs sur la quantité de graisses saturées contenues dans les produits mais également utilisées au cours de leur fabrication. Plus inquiétant aux yeux de l’industrie laitière, la nouvelle taxe risque de créer des inégalités entre les produits nationaux et les produits importés en raison des différences fiscales existantes entre les différents Etats membres de l’UE. « Cela créera un déséquilibre au sein du marché intérieur, un problème qui devra être discuté au niveau européen », affirme-t-on à European Dairy Association. La taxe est par ailleurs soupçonnée de frapper plus sévèrement en particulier les ménages à faible revenu. Selon l’industrie laitière, ces ménages « dépensent relativement des pourcentages plus élevés de leur revenu en nourriture et ils ont tendance à acheter plus d’aliments préparés, ce qui signifie qu’ils devront payer davantage pour leur alimentation que les familles à revenu élevé ». Kirsten Holm Svendsen, directrice du Dairy Board  (industrie laitière danoise) à Bruxelles, abonde dans ce sens en affirmant que la nouvelle taxe ne sera bénéfique ni pour l’industrie ni pour les consommateurs danois. Elle estime notamment que la nouvelle taxe risque de « pousser le choix des consommateurs vers des produits qui ne seraient pas nécessairement plus sains ». Elle considère également que « les produits laitiers, riches en nutriments, comme par exemple le fromage – et auxquels on appliquera la taxe – sont une composante importante de l’alimentation quotidienne du consommateur danois, ne devraient pas devenir un deuxième choix ».

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