Abonné
Dans la perspective d'un vote jugé « décisif » en session plénière à Strasbourg dans le cadre de la réforme de la PAC, l'industrie laitière européenne se dit « très préoccupée » par la tentative d'introduire la gestion des approvisionnements en temps de crise comme proposé initialement par le rapporteur de la commission de l'agriculture du Parlement européen sur l'organisation commune des marchés agricoles, le PPE français, Michel Dantin. « Je ne peux pas imaginer que la proposition Dantin prévoyant la gestion de l'offre en temps de crise puisse obtenir un soutien lors de la plénière du Parlement européen », a affirmé Joop Kleibeuker, secrétaire général de European Dairy Association, le lobby qui représente les transformateurs laitiers européens. Selon celui-ci, « un tel système serait tout simplement ingérable, contre-productif et en fin de compte nuirait aux intérêts non seulement de l'industrie mais également à ceux des agriculteurs et des consommateurs ». En d'autres termes, il représenterait « un grave recul dans la politique laitière de l'Union européenne ». Aussi l'industrie laitière européenne s'en remet à « la responsabilité » des honorables membres du Parlement européen et les invite vivement « à rejeter les tentatives d'introduire la gestion de l'offre laitière en période de crise ». Elle réclame, par la même occasion, « que toute proposition visant à différer la suppression des quotas laitiers soit rejetée pour les mêmes raisons ».
Partager les fruits de la valeur ajoutée
Michel Dantin, le rapporteur du PE sur l'organisation des marchés agricoles, propose de renforcer les organisations de producteurs (OP) pour qu’elles puissent discuter, notamment, des prix de leurs productions, de la gestion des marchés et des relations contractuelles. L'objectif final, étant, avec un pouvoir de négociation renforcé, de permettre aux producteurs de garder une part légitime de la valeur ajoutée pour dégager du revenu pour les producteurs et éviter les ventes à perte. Il s’appuie pour cela sur les articles 38 à 44 du Traité de Lisbonne en vigueur stipulant que « les produits de l’agriculture et de la pêche ne sont pas des produits comme les autres », commercialement parlant.
Selon le rapporteur français, les spécificités de l’activité agricole et de la chaîne d’approvisionnement alimentaire doivent justifier un traitement partiellement dérogatoire de l’agriculture vis-à-vis du droit de la concurrence, lequel doit faire écho à la nécessité d'une concentration de l’offre et du renforcement du pouvoir de marché des agriculteurs. Michel Dantin propose notamment de permettre aux associations d'organisations de producteurs, en cas de crise du marché, de prendre l'initiative d'opérations de retrait temporaire de marché, sous le contrôle des pouvoirs publics. Il préconise également la possibilité pour les organisations de producteurs d'assurer la programmation de la production et son adaptation à la demande, notamment en qualité et en quantité , sans toutefois revenir à la bonne époque de l'agriculture administrée...
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Suivi
Suivre
Suivi
Suivre