À l'initiative de la European Dairy Association (EDA), plus de 200 leaders de l'industrie laitière européenne s'étaient donnés rendezvous, le 10 octobre à Stresa (Lac Majeur, Italie), pour débattre des défis auxquels le secteur laitier européen est confronté au niveau mondial. Ils ont largement débattus des opportunités et des risques potentiels des accords de libre-échange internationaux, notamment celui en cours de négociations avec les Etats-Unis.
L'édition 2014 du Forum laitier mondial, organisé par la European Dairy Association (EDA), le 10 octobre à Stresa (Italie), a permis à plus de 200 chefs de l'industrie laitière européenne de débattre des questions qui intéressent leur secteur au niveau européen mais également au niveau mondial. Trois sessions ont ponctué cette longue journée de débats au bord du Lac Majeur. La première session a porté sur les besoins et les attentes du consommateur européen en produits laitiers et la manière dont le secteur laitier est en mesure de les satisfaire, à la fois dans un cadre européen et dans une perspective plus globale. À cet effet, Enrico Krien consultant au sein de la Nielsen Company, a présenté une analyse de la consommation européenne de produits laitiers en 2013-2014 ainsi que les perspectives dans les prochaines années. Laurent Damiens, président du Forum Européen du lait, s'est appliqué de son côté à démontrer – à l'aide d'une vidéo – comment la communication est la clé idoine pour développer et partager les bons messages sur l'image du lait et des produits laitiers.
LES DÉFIS DU SECTEUR LAITIER EUROPÉEN
La deuxième session s'est concentrée sur différents aspects, tels que la nutrition, le développement durable et la sécurité alimentaire qui ont été examinés par trois intervenants : Philippe Ankers, de la Division FAO de la production animale et de la santé ; Jeremy Hill, président de l'International Dairy Federation et Chief Technology Officer de Fonterra (IDF) FID et Mella Frewen, directrice générale de FoodDrinkEurope. Cette dernière a expliqué que « la réputation est le plus grand défi de l'industrie agroalimentaire aujourd'hui ». Elle a également énuméré d'autres défis aussi importants tels que la nécessité pour l'industrie alimentaire de « nourrir la planète avec une population sans cesse vieillissante » ou encore « les progrès difficiles dans les négociations du TTIP avec les Etats-Unis, un accord très important pour toutes les filières agroalimentaires européennes », a-t-elle souligné. L'embargo russe sur un grand nombre de produits alimentaires et agricoles européens constitue également un autre problème même si jusqu'ici, ont reconnu plusieurs participants, le secteur de la transformation laitière européenne aurait été peu affecté par les mesures de représailles russes.
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FORTES ATTENTES DU SECTEUR LAITIER SUR LE TTIP
Dans la troisième session, les participants ont passé en revue les avantages, les opportunités et les risques potentiels des accords de libre-échange pour les produits laitiers européens. John Clarke, directeur des affaires internationales à la Commission européenne, Jim Higgiston, ministre-conseiller à la Mission américaine à Bruxelles et l'eurodéputé socialiste italien, Paolo De Castro, ont eu un échange de vues notamment sur le TTIP, l'accord transatlantique sur le commerce et les investissements en cours de négociation entre les Etats-Unis et la Commission européenne. « Nous devons faire en sorte que l'accord final sur le TTIP soit bien équilibré. Nous devons lever les obstacles et apporter de nouvelles opportunités pour permettre aux producteurs de l'UE d'exporter leurs produits sur le marché nord-américain », a notamment déclaré l'eurodéputé italien. En même temps, a-t-il souligné, « nous devons veiller à ce que les normes sanitaires élevées de l'UE soient respectées et que les choix et la sécurité des consommateurs européens ne soient pas compromis ». Selon lui, les dispositions finales du futur accord avec Washington ne doivent pas non plus compromettre les points de vue des Européens sur des questions telles que l'utilisation d'hormones, le clonage des animaux ou encore les organismes génétiquement modifiés. « Le nouveau Parlement européen y veillera dans la mesure de ses moyens », a-t-il encore précisé. Lequel Parlement, a ajouté Paolo De Castro, « doit être pleinement impliqué dans ce processus de négociations afin de s'assurer d'un bon résultat aussi bien pour les producteurs que pour les consommateurs européens ». Et pour bien se faire comprendre, il a rappelé que c'est en définitive « le Parlement européen qui doit donner son feu vert à tout accord commercial négocié entre l'UE et un pays tiers ».
De son côté, James Higgiston a indiqué que le futur accord sur le TTIP constitue une grande opportunité pour les deux partenaires que sont l'Union européenne et les Etats-Unis. « Au cours des négociations, nous devons surmonter nos différences et trouver une vision commune qui profitera aux agriculteurs et aux consommateurs des deux côtés de l'Atlantique », a-t-il indiqué. Selon lui, l'objectif du TTIP est de faciliter et d'accroître les échanges commerciaux entre les États-Unis et l'Union européenne. « Ceci est d'autant plus crucial pour l'Europe à une époque où elle tente toujours de surmonter les conséquences de la crise économique mondiale avec un chômage élevé, surtout chez les jeunes dans certains pays ». Michel Nalet, le président de la European Dairy Association, s'il a de son côté reconnu que les volumes d'échanges de produits laitiers entre les Etats-Unis et l'Union européenne ne sont pas aussi importants que ceux avec d'autres régions du monde, il a toutefois souligné que les discussions des représentants des industries laitières européennes lors de ce forum en Italie « montrent clairement que le marché des Etats-Unis constitue une opportunité majeure pour les produits européens laitiers de qualité ». « Le TTIP sera très certainement un modèle pour les futurs accords commerciaux à négocier avec les pays tiers», a conclu Michel Nalet.