Réduire l'obésité au sein de la population européenne est une mission compliquée dans la mesure où plusieurs indicateurs sont impliqués et la reformulation des produits ne constitue qu'une partie de la solution. Telle est l'idée défendue par l'European Dairy Association, le lobby de l'industrie laitière de l'UE, lors d'une réunion entre les parties prenantes et la Commission européenne, autour du thème « Une stratégie européenne pour la réduction des sucres dans les produits laitiers ».
La Commission européenne vise à établir une stratégie européenne en matière de réduction de la teneur en sucre dans les différentes catégories d'aliments. Après avoir adopté un projet de texte sur cette question en début d'année (intitulé « Annexe Sucres ajoutés », ndlr), la Commission européenne a organisé une série de réunions consacrées à des catégories d'aliments spécifiques, dont les produits laitiers. Lors de la dernière réunion du 15 mars 2016, les discussions entre la Commission, l'industrie laitière, les États membres, les consommateurs et les ONG de la santé sur la réduction du sucre dans les produits laitiers ont permis d'avoir un aperçu de la situation actuelle dans les différents États membres. À cette occasion, l'European Dairy Association s'est appliquée à défendre les produits laitiers en soulignant notamment que ceux-ci « sont reconnus par tous comme une partie importante d'une alimentation saine et une importante source pertinente de nombreux nutriments essentiels ». Expli-quant que l'association des produits laitiers sucrés aux phénomènes d'obésité est un peu trop facile, les représentants de l'industrie ont au contraire souligné la diversité des habitudes culturelles et alimentaires dans les États membres, laquelle diversité devrait, selon eux, être considérée « comme une base très importante pour toute voie à suivre ». Ils ont également indiqué que la grande variété de produits laitiers déjà existants sur chaque marché (lait sucré, lait entier, lait demi-écrémé, avec mention 0 %, etc.) offre la possibilité de répondre aux divers besoins des consommateurs. Les industriels ont par ailleurs soutenu que les travaux de reformulation des produits laitiers doivent être entrepris et que pour être plus efficaces, ceux-ci devraient « faire collaborer entreprises et autorités nationales de santé publique». Selon eux, réduire l'obésité au sein de la population européenne est une mission plus complexe que l'on ne le croit dans la mesure où plusieurs indicateurs sont impliqués et « la reformulation des produits ne constitue qu'une partie de la solution ». Les industriels se plaisent à rappeler que des modifications dans la formulation des produits ont déjà été réalisées dans certains Etats membres sur une base volontaire avec une approche positive depuis de nombreuses années. Les résultats, soutiennent-ils, « ont montré d'impressionnantes réductions dans les teneurs en sucre, tout en montrant une grande diversité d'approches et de conclusion ».
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Sur la base des débats et expériences des différentes réunions organisées par la Commission européenne sur le thème de la réduction des teneurs en sucre dans les aliments, le commissaire européen à la santé, Vytenis Andriukaitis, devrait présenter ses conclusions en ce qui concerne le projet de texte intitulé « Annexe Sucres ajoutés » aux membres du Groupe de haut niveau sur la nutrition et l'activité physique de l'UE. Aziz Ben Marzouq
Le Groupe de haut niveau sur la nutrition et l'activité physique de l'UE est composé de représentants des pays de l'UE. Il est présidé par la Commission européenne. Sa mission est de rechercher des solutions européennes aux questions de santé liées à l'obésité en donnant une vue d'ensemble des différentes politiques nationales relatives à la nutrition et à l'activité physique, en aidant les pouvoirs publics à partager leurs idées et leurs pratiques (par exemple reformulation des produits alimentaires pour abaisser leur teneur en sel, en matières grasses et en sucre). Selon l'EFSA (Autorité européenne sécurité des aliments), il existe des preuves que des apports élevés en sucres sous forme de boissons sucrées pourraient contribuer à la prise de poids et aux caries dentaires. Le Groupe de haut niveau a publié un plan d'action de l'UE relatif à l'obésité infantile pour la période 2014-2020 afin de lutter activement contre ce phénomène. Il soutient également la reformulation des produits manufacturés, notamment pour réduire leur teneur en sucre, en sel et en graisses saturées. Lors de la réunion informelle des ministres de la Santé de l'UE à Riga les 21 et 22 avril 2015, la majorité des ministres a exprimé « son soutien clair et la nécessité d'avoir un cadre commun d'action pour réduire les sucres libres dans les aliments » et a appelé à développer ce cadre pour réduire le surpoids et l'obésité, notamment chez les enfants.