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Information du consommateur L’industrie laitière réclame un contrôle plus strict des étiquettes

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Le lobby de l’industrie laitière européenne demande que les contrôles soient plus rigoureux concernant les termes "lait" et "produits laitiers". Une enquête de la DGCCRF montre un taux élevé d’anomalies en termes d’étiquetage.

Pour lutter contre les produits de substitution des produits laitiers qui créent la confusion dans les choix des consommateurs, l’European Dairy Association (EDA), le lobby de l’industrie laitière de l’UE, réclame plus d’efforts des autorités nationales en charge des contrôles officiels, en coordination avec les services de la Commission européenne. EDA demande notamment de vérifier la présentation lors de leur mise en vente des produits de substitution au regard de la réglementation européenne et également les dénominations de vente et les mentions d’étiquetage des produits considérés. Le but affiché étant de préserver la protection des consommateurs et les conditions de concurrence nécessaires parmi les exploitants du secteur alimentaire. Il s’agit de réserver l’utilisation des termes « lait » et « produits laitiers » conjointement à un ou plusieurs termes pour désigner des produits composés seulement lorsque le lait et les produits laitiers constituent un élément essentiel en terme quantitatif ou pour caractériser le produit.

À l’appui de leurs demandes, les dirigeants de EDA ont notamment évoqué l’enquête nationale menée en 2016 par la DGCCRF concernant la présentation et l’étiquetage des produits de substitution à base de végétaux. Près de 240 établissements avaient été visités au cours de cette enquête dont plus de trois-quarts étaient des grandes et moyennes surfaces. Le résultat est que les limiers de la DGCCRF ont relevé 181 non-conformités, soit un taux global d’anomalies de 29,1 % des actions de contrôle. Rapporté au nombre d’établissements visités, il s’élevait donc à plus de 38 %. Dans une majorité de cas, il n’existait pas de séparation claire entre les produits laitiers et les produits de substitution. Pour les enquêteurs, la profusion de références de produits et la multiplicité des balisages approximatifs ne pouvaient qu’induire en erreur le consommateur peu attentif aux étiquetages individuels des produits.

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S’ils avaient observé que les contrôles menés avaient permis de constater que la présentation des substituts de produits laitiers à base de soja, riz ou amandes était rarement susceptible d’induire en erreur le consommateur (leurs conditionnements différaient sensiblement des produits laitiers auxquels ils se substituaient), ils avaient en revanche noté que de nombreux produits dénommés « préparation à base de… », « spécialités laitières », « mélanges de matières grasses », qui ne peuvent donc prétendre aux appellations réservées aux produits laitiers, présentaient des conditionnements identiques à ces derniers et la dénomination de vente ne figurait que rarement sur la face mise en avant lors de la vente. L’enquête avait permis par ailleurs de mettre en évidence une forte méconnaissance des professionnels par rapport à la réglementation relative à la présentation des produits de substitution des produits laitiers et plus globalement à la protection des dénominations laitières.