Soucieuse de soigner son image auprès de l’opinion publique dans le respect de l’environnement, l’industrie laitière européenne affirme vouloir s’attaquer de manière volontaire au développement d’une production laitière « plus durable et avec un moindre impact sur le climat ». Un groupe d’études sur le changement climatique est mobilisé à cet effet et Agra alimentation s’en est entretenu avec son président, Luc Morelon.
European Dairy Association (EDA), l’organisation qui défend les intérêts de l’industrie laitière européenne auprès de Bruxelles, a organisé, le 4 juin, une conférence au cours de laquelle son secrétaire général, Joop Kleibeuker, s’est efforcé de rappeler les efforts déjà faits et ceux qui restent à faire pour contribuer à la lutte contre les méfaits du changement climatique. Tout en reconnaissant l’impact « marqué » de l’industrie laitière sur l’environnement La fermentation intestinale des vaches laitières et leur fumier sont reconnus responsables d’une grande partie des puissants gaz à effet de serre que sont les gaz méthane (CH 4) et N20 (protoxyde d’azote) qui affectent sévèrement la couche d’ozone., il a tenu par ailleurs à rappeler le rôle « fondamental » des produits laitiers dans l’alimentation et l’apport « essentiel » du secteur laitier aux structures rurales européennes. Selon les auteurs de l’étude commandée par EDA à une société de conseil néerlandaise, le problème des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le secteur laitier devrait être appréhendé selon une approche intégrée afin d’envisager toutes les répercussions sur l’environnement à chaque maillon de la chaîne laitière. Selon les données de cette étude, les émissions de GES du troupeau laitier « ne représenteraient que 1,2 % du total des émissions mondiales de gaz à effet de serre». Selon cette même étude les émissions de gaz méthane à la ferme auraient, quant à elles, diminué de 30 % (entre 1990 et 2005) dans les pays de l’OCDE même si leur part demeure stable. En aval des exploitations, les émissions représenteraient un ajout de 10 à 20 % au cycle de la vie (10 % pour l’usine, le transport, l’emballage et 10 % pour les pertes de produits). « Sans oublier », dixit l’étude néerlandaise, « l’énergie utilisée par le consommateur pour l’entreposage réfrigéré des produits laitiers », évaluée entre 3,5 % et 4 %.
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Dans ce dossier, l’industrie laitière dit vouloir prendre ses responsabilités et avoir les moyens d’agir. Elle rappelle que sur le plan industriel elle est déjà intervenue sur plusieurs fronts: amélioration des collectes et du transport de lait, introduction de nouvelles technologies dans le secteur, réduction des emballages, amélioration de la chaîne d’approvisionnement, modification de la gamme des produits (moins de poudre de lait et plus de fromages), etc... Les éléments sur lesquels EDA estime qu’il faut se pencher pour améliorer la situation environnementale dans le secteur laitier sont, notamment, les emballages des produits laitiers, les procédés de transformation du lait, les transports, la production laitière au niveau de la ferme, les intrants à la ferme et l’éducation du consommateur. Joop Kleibeuker présentera une déclaration à ce sujet, le 24 septembre à Berlin, à l’occasion de la réunion annuelle de la Fédération internationale de laiterie sous le thème « Agenda global pour une action sur le changement climatique ».