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Organisations professionnelles/Produits laitiers L’industrie laitière veut se doter d’un cadre pour un développement « durable »

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« Pour être économiquement viable à long terme, l'industrie laitière doit promouvoir un développement durable à la fois sur le plan économique, social et écologique ». C'est la principale conclusion à laquelle sont arrivés les participants au congrès annuel de l'industrie laitière qui s'est tenu le 27 septembre à Cologne, sous l'égide de l’European Dairy Association, son porte-voix auprès de l'UE. C’est également le moyen le plus sûr pour répondre aux critiques des ONG de l'environnement, selon les industriels.

Comment l'industrie laitière européenne peut-elle devenir plus durable et assurer ainsi l'avenir de ses activités à long terme ? Tel était le thème central sur lequel ont débattu les participants au congrès annuel de l'industrie laitière qui s'est tenu le 27 septembre à Cologne. Accusés notamment par les ONG environnementalistes de contribuer à grande échelle aux émissions de CO2 et de menacer la qualité des eaux. Les producteurs et transformateurs du secteur laitier tentent de répondre à ces critiques en mettant en lumière les pratiques et progrès qu'ils entreprennent – toujours de manière volontaire – pour s'orienter vers un système de production et de consommation qui se voudrait plus durable
 
« Dairy Sustainability Framework » : un cadre volontaire parrainé par l'industrie
Ainsi à Cologne, Donald Moore, directeur exécutif de Global Dairy Platform, s'est appliqué à présenter le Dairy Sustainability Framework (Cadre de viabilité des produits laitiers), une sorte de réponse globale de l'industrie aux empreintes carbone des produits laitiers dénoncées par les ONG. Ce Cadre – dont un projet initial a été élaboré en mai 2013 – se veut une structure et un guide d'orientation pour tous ceux qui souhaitent développer des systèmes de production et de consommation durables dans le secteur laitier. Il présente notamment un point de référence commun à utiliser dans les communications des entreprises sur leurs engagements sur la durabilité des produits laitiers. Basé sur la contribution et la consultation d'un large éventail de parties prenantes, ce cadre prévoit d'inclure ces différents acteurs également dans la gouvernance de sa mise en œuvre et dans le développement des actions futures. Le lancement officiel de ce Dairy Sustainability Framework est prévu du 28 octobre au 1er novembre 2013 à Yokohama (Japon) à l'occasion du Sommet mondial des produits laitiers.
 
Initiative batave
Un autre intervenant, Piet Boer, président de FrieslandCampina, a présenté les actions en cours aux Pays-Bas en évoquant notamment la Chaîne laitière durable, une initiative lancée par ZO et LTO Nederland. Cette initiative a établi des objectifs clairs en relation avec le climat et l'énergie, la protection des animaux, le pâturage et la biodiversité. Par exemple, des méthodes d'analyse énergétique, développées par FrieslandCampina sont mises à la disposition des producteurs laitiers par tous les transformateurs. Ou encore des outils offerts aux agriculteurs visant à optimiser l'utilisation des engrais et des minéraux. Selon le président de FrieslandCampina, il est prévu que – pour la période 2011-2020 – la production de lait aux Pays-Bas augmente d'environ 10 % (hypothèse la plus probable) et de 20 % (hypothèse extrême). Avec la disparition des quotas laitiers (programmée pour 2015), il est prévu également une augmentation de la production de gaz à effet de serre, des effets négatifs sur le bien-être des animaux, une diminution des pâturages, une augmentation de l'utilisation des antibiotiques dans l'alimentation animale, une croissance de l'utilisation du soja dans l'alimentation des animaux, une augmentation de la production de fumier ainsi que des émissions d'ammoniac. Face à ces défis, a-t-il assuré, l'industrie laitière batave a pris des mesures (notamment réduction de moitié des émissions d'ammoniac depuis 1990 et baisse de 18 % des gaz à effet de serre par rapport à 1990) et grâce à une collaboration entre producteurs et transformateurs, celle-ci se promet ni plus ni moins de rendre dans les prochaines années les laiteries néerlandaises « leaders du secteur dans le monde entier en matière de durabilité »...
 
Durabilité sur le plan économique
La chercheuse danoise, Susanne Clausen (Knowledge Center for Agriculture) a expliqué de son côté comment, à son avis, l'industrie laitière européenne pourrait devenir plus durable à long terme sur le plan économique. C'est simple : il faudrait que celle-ci soit durable à la fois sur le plan environnemental et sur le plan social. Comme les conditions de production de l'industrie laitière sont en train de changer en permanence, il est impératif pour les producteurs de prendre en compte la protection de l'environnement, le bien-être des animaux et les conditions sociales. L'accroissement de la concurrence et la baisse des soutiens économiques appellent un développement structurel et des investissements dans l'agriculture, la facilitation de l'installation des jeunes agriculteurs, l'amélioration des compétences des agriculteurs, l'innovation des produits et une coopération plus étroite au sein de la chaîne d'approvisionnement alimentaire.

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