Le 27 mars, le Parlement européen a approuvé une nouvelle législation interdisant les produits plastiques à usage unique tels que les couverts, assiettes et pailles. Si elle salue les objectifs de la nouvelle directive, l’industrie alimentaire européenne n’en dénonce pas moins « ses faiblesses ».
C’est par 560 voix pour, 35 contre et 28 abstentions que le Parlement européen, réuni le 27 mars en session plénière à Strasbourg, a donné son feu vert à l’accord conclu en mai 2018 avec les ministres de l’UE sur la nouvelle directive sur les plastiques jetables. Une législation qui bannit notamment une dizaine de plastiques à usage unique et cela pour des raisons environnementales et de protection des espèces marines en particulier. Plus concrètement, seront interdits dans l’UE à partir de 2021 les couverts à usage unique (fourchettes, couteaux, cuillères et baguettes), les assiettes en plastique à usage unique, les pailles en plastique, les cotons-tiges en plastique ainsi que les plastiques oxo-dégradables (récipients pour aliments et gobelets en polystyrène expansé). Aux termes de la nouvelle directive, les États membres devront atteindre un objectif de collecte de 90 % pour les bouteilles en plastique d’ici 2029, et les bouteilles en plastique devront être composées d’au moins 25 % de contenu recyclé d’ici 2025, et 30 % d’ici 2030. La nouvelle législation prévoit également une application renforcée du principe « pollueur payeur » via l’introduction de la responsabilité élargie des producteurs. Ce nouveau régime s’appliquera également aux engins de pêche, afin de s’assurer que les fabricants, et non les pêcheurs, supportent les coûts de collecte des filets perdus en mer. La directive prévoit enfin un étiquetage obligatoire relatif à l’impact environnemental négatif, comme les gobelets en plastique qui jonchent les rues.
L’industrie réclame des mesures supplémentaires
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
« Des mesures supplémentaires de mise en œuvre de la directive sont essentielles pour permettre à l'industrie alimentaire et des boissons de remplir ses obligations légales et pour éviter des distorsions sur le marché intérieur », a déclaré la directrice générale de FoodDrinkEurope, Mella Frewen, suite au résultat du vote des eurodéputés. « L'amélioration des performances environnementales des emballages en plastique utilisés dans le secteur des denrées alimentaires et des boissons devrait aller de pair avec la garantie d'un niveau élevé de sécurité alimentaire pour les consommateurs en Europe », a-t-elle souligné. Si la dirigeante du lobby de l’industrie agroalimentaire de l’UE salue les objectifs de la directive visant à améliorer les taux de collecte et à augmenter le contenu en plastiques recyclés des bouteilles de boissons, elle se dit toutefois préoccupée par le fait que ces objectifs ne peuvent être atteints que si des infrastructures de collecte, de tri et de recyclage très performantes sont mises en place, permettant un approvisionnement régulier en matériaux recyclés conformes aux exigences de sécurité alimentaire. Selon elle, il est également nécessaire de disposer d'une méthodologie claire et robuste pour le calcul du contenu recyclé des bouteilles en plastique, qui devrait être fondée sur une évaluation de la quantité de plastiques recyclés disponibles qui sont considérés comme appropriés pour les produits alimentaires et les boissons. Elle demande même à la Commission européenne d'en faire une de ses priorités. Last but not least, Mella Frewen presse la Commission européenne d'adopter rapidement les lignes directrices pour garantir la bonne mise en œuvre de la directive et fournir une sécurité juridique au secteur de l'alimentation et des boissons. Ces lignes directrices sont nécessaires pour préciser quels sont les contenants d'aliments et de boissons qui doivent être considérés comme des plastiques à usage unique et pour définir clairement le financement des activités de nettoyage des déchets à la charge des producteurs.