Mal aimée en France, l'industrie alimentaire ? L'importance prise, depuis longtemps, par le Salon international de l'alimentation qui a lieu à Paris rend la chose paradoxale. Et pourtant le président de l'Ania a un nouveau mot d'ordre : en faire l'industrie préférée des Français, des consommateurs bien sûr mais aussi des jeunes qui devraient davantage savoir qu'elle a des emplois à offrir, et ce de plus en plus, et qu'elle n'arrive pas à pourvoir. Pour redonner aux IAA le premier rang qu'elles occupaient encore en l'an 2000 dans les exportations mondiales, objectif affiché désormais par les pouvoirs publics et évidemment partagé par le lobby des industriels, Bruno Le Maire promet mieux que ce qui se faisait ces derniers temps : on le comprend, tant la dégradation de nos positions européennes et mondiales s'est produite sans qu'on y prenne garde et le nouveau combat, enfin bien identifié, est celui de la compétitivité. Celle de nos voisins a fait des progrès pendant que nous dormions sur nos lauriers. Mais les performances de la décennie 90, sait-on qu'elles résultaient de trente ans d'investissement concerté entre l'Etat, certains organismes financiers et nombre d'entrepreneurs plus téméraires qu'il ne s'en trouve peut-être aujourd'hui ? Reprendre le leadership, OK, mais en prendra-t-on les moyens ? Les pistes d'action évoquées par Bruno Le Maire seront-elles suivies durablement ? Y aura-t-il d'un seul coup plus de constance dans l'action et une vraie pérennité des outils de politique industrielle (si le mot cesse de faire peur) ? Ou va-t-on continuer à faire le contraire de ce que l'on dit et de ce qu'il faut faire, le contraire d'ailleurs de ce que font nos compétiteurs les plus proches en Allemagne, en Espagne ou en Italie ?
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