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Bière L’industrie redoute la stratégie anti-alcool de Bruxelles

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Avant la présentation par la Commission de Bruxelles de sa stratégie de lutte contre la consommation excessive d’alcool, le lobby des brasseurs européens a arrêté une stratégie pour tenter de limiter les nouvelles contraintes qui pourraient peser sur le secteur. Il craint des restrictions d’accès à la publicité comme elles existent déjà dans certains pays membres de l’UE, notamment en France avec loi Evin. Les brasseurs tentent de convaincre les pouvoirs publics de leur poids économique. Ils créeraient, selon une étude commanditée par l’association des brasseurs d’Europe, plus de 140 000 emplois indirects dans le seul secteur agricole.

Après avoir tenté de prouver que leur produit est bon pour la santé lors d’un symposium le 4 mai, les Brasseurs d’Europe veulent démontrer, chiffres à l’appui, qu’ils sont un acteur économique de poids, notamment du point de vue de l’emploi agricole. Ils ont présenté, le 11 mai, une étude réalisée pour leur compte par Ernst & Young qui dresse un tableau de la situation du secteur.

342 000 emplois indirects

Ce travail fait état de 164 000 emplois directs générés par la production de bière. C’est en Allemagne, en Grande-Bretagne et en Pologne que le secteur est le plus puissant avec respectivement 20 %, 13 % et 9 % du total des emplois directs. Mais l’impact indirect des brasseurs est considérablement plus important. Car, pour un emploi en brasserie sont générés un emploi dans la distribution, deux pour la logistique et près de 12 dans le secteur de la restauration, explique le cabinet d’étude. Résultat, si le secteur est mis en difficulté, 2,6 millions d’emplois seraient affectés dans de façon plus ou moins importante. Plus directement, la production de bière au sens strict mobilise 342 000 salariés indirects, principalement dans le secteur agricole (43 %), l’industrie de l’emballage (12,4 %) et la communication (11,7 %).

La production de bière en Europe s’élève à 416 millions d’hectolitres dont 55 millions hl sont exportés. Certains pays comme le Danemark, les Pays-Bas, la Belgique ou l’Irlande exportent entre 47 % et 57 % de leur production.

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38,8 milliards d’euros de taxe chaque année

Taxes comprises, le marché européen de la bière est estimé par Ernst & Young à 124 milliards d’euros. Près des 3/4 de ce marché sont réalisés dans le secteur Horeca, note le cabinet.

Outre ces éléments économiques, les Brasseurs d’Europe mettent en avant leur contribution aux ressources publiques. Ernst & Young a calculé que le secteur rapporte 38,8 milliards d’euros, toutes taxes confondues, aux gouvernements européens chaque année.

Par ailleurs, le secteur est constitué à la fois de géants internationaux et de petits industriels. A elle seule, l’Allemagne compte 1 250 brasseries. Toutefois, chaque pays européen compte généralement une cinquantaine de fabricants. Le nombre total de brasserie, estimé par les auteurs de l’étude, s’élève à 2 800. Un chiffre en augmentation rapide du fait du dynamisme des micro-brasseries, par exemple en Autriche où le nombre de site de production est passé de 60 dans les années 1980 à 140 aujourd’hui.