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UE/Santé-nutrition L’industrie réduirait de plus en plus ses excès de gras/sel/sucre

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Plus de 40% des entreprises agroalimentaires auraient réduit volontairement la quantité de graisses saturées, de sel ou de sucres dans leurs produits entre 2004 et 2007 et plus de 20 % d’entreprises auraient fait de même au cours de la seule année 2008. C’est en tout cas ce qu’affirme la Ciaa (Confédération des industries agroalimentaires de l’UE) en commentant les résultats de deux enquêtes réalisées pour son compte et qu’elle vient de publier. Plus de 1.500 sociétés agroalimentaires dans cinq grands pays (dont la France) ont été mises à contribution.

Les Européens mangent trop, se déplacent trop peu et ont tendance à prendre du poids, tout le monde le sait. Pour faire face à ce défi, l’industrie agroalimentaire affirme qu’elle a un rôle à jouer et même « un rôle de leader » notamment au sein de la Plateforme européenne d’action sur l’alimentation, l’activité physique et la santé, créée en mars 2005. Les deux enquêtes qu’elle a commandées à une société de sondage d’opinion (« tout à fait indépendante », souligne la Ciaa) montreraient que les résultats seraient encourageants et que l’industrie agroalimentaire « continuerait à mettre la pédale douce en ce qui concerne les ajouts de graisses saturées, de sel et de sucre dans plusieurs de ses ingrédients et plats préparés. Sur la période entre 2004 et 2007, 43 % des 1.500 entreprises interrogées auraient réduit les teneurs en sel/sucre/graisses saturées dans leurs produits ou lancé de nouveaux produits en contenant moins. La Ciaa relève que les résultats des deux enquêtes auraient montré que plus la taille de l’entreprise est grande plus elle est susceptible de réduire les trois nutriments (sel, gras et sucre) dont les excès posent des problèmes de santé. Néanmoins, souligne-t-elle, « le processus de reformulation des produits alimentaires se répand dans les entreprises de toute taille y compris dans les PME ». Quant aux entreprises qui ont déclaré ne pas être en mesure de reformuler leurs produits (près de 50 %), une des raisons les plus invoquées serait « la nature fraîche de leurs produits » (le cas notamment des fruits et légumes, des boucheries, des charcuteries familiales, etc). Plus de 20% ont répondu que c’est parce qu’elles utilisent une recette traditionnelle et une autre tranche de 20% parce que leurs produits contiennent peu de sel/sucres/graisses saturées au départ. Les résultats des études de la Ciaa montrent en outre que les entreprises innovent également en proposant une plus grande gamme de choix de produits et de tailles d’emballage (souvent plus petites) et aussi que ce seraient les sociétés membres de la Ciaa qui seraient les plus avancées.

Information des consommateurs en augmentation
Un des résultats encore plus important de l’enquête, aux yeux de la Ciaa, est l’augmentation de la quantité et du type d’informations dont bénéficient aujourd’hui les consommateurs « afin de les aider à faire des choix éclairés concernant leur régime alimentaire ». En 2008, environ 30% des entreprises interrogées ont déclaré qu’elles avaient adopté ou envisageaient d’introduire un étiquetage nutritionnel volontaire (calories, lipides, glucides, protéines ou d’autres éléments nutritifs). Parmi les entreprises qui utilisent un étiquetage nutritionnel volontaire, près de 40 % d’entre elles disent fournir au moins quelques données sur les « quatre plus grands nutriments (« big 4 ») (énergie, protéines, glucides et lipides), 25 % fourniraient des informations sur les « big 8 » (énergie, protéines, glucides, sucres, lipides, acides gras saturés, fibres et sodium), 35% mentionneraient des informations nutritionnelles sur la face avant de l’emballage et près de 30% utiliseraient le système volontaire des repères nutritionnels journaliers (« Guidelines Daily Amounts ») (1) développés par la Ciaa et que celle-ci s’efforce d’étendre à l’ensemble de l’industrie.

(1) Les Repères nutritionnels journaliers indiquent la contribution d’une portion d’une denrée alimentaire en termes d’énergie (kcal) et de nutriments-clé par rapport aux repères de consommation journalière d’une personne.

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