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Ingrédients L’industrie salue « l’harmonisation » de la règlementation sur les additifs

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« L’harmonisation de la règlementation sur les additifs alimentaires est une bonne nouvelle pour l’industrie alimentaire », a indiqué FoodDrink-Europe, le lobby de l’industrie alimentaire européenne, suite à l’adoption par la Commission européenne de trois règlements modifiant le règlement sur les additifs alimentaires.

Deux règlements portent l’un sur une liste autorisant les additifs dans les denrées alimentaires et l’autre sur une liste regroupant les additifs dans les ingrédients alimentaires. Le 3e règlement approuve l’utilisation en Europe de ce nouvel édulcorant naturel « glycosides de stéviol », plus connu sous le nom de stévia.

Une règlementation qui se voudrait plus transparente...
L’industrie agroalimentaire européenne se félicite de l’adoption, le 12 novembre, par la Commission européenne de deux premiers règlements modifiant la règlementation sur les additifs alimentaires et qui ont pour objectif affiché, d’un côté, de rendre l’utilisation des additifs dans les aliments « plus sûre et plus transparente » pour les consommateurs européens et, de l’autre, « de mieux armer l’industrie pour proposer de nouveaux produits innovants et sûrs ». Concrètement, l’exécutif européen a établi deux nouvelles listes d’additifs. La première, qui entrera en vigueur en juin 2013 (1), concerne les additifs dans les denrées alimentaires et permettra aux consommateurs et aux exploitants du secteur alimentaire ainsi qu’aux autorités de contrôle d’identifier aisément quels additifs sont autorisés dans quels aliments. La seconde liste concerne les additifs dans les ingrédients alimentaires, tels que d’autres additifs, des enzymes, les arômes et les nutriments. Elle entrera en vigueur début décembre 2011. D’aucuns estiment qu’il s’agit là d’une avancée majeure par rapport aux anciennes listes qui étaient réparties dans plusieurs annexes de trois directives différentes. FoodDrinkEurope, le porte-parole de l’industrie agroalimentaire européenne, a affirmé à ce propos que « réunir toutes les règlementations précédentes et établir une liste communautaire des additifs autorisés constitue une bonne nouvelle pour l’industrie alimentaire car cela simplifie la législation existante et rend la procédure d’autorisation plus transparente, plus claire et plus cohérente ».

Avec aussi des conditions d’utilisation...
La Commission européenne considère de son côté que l’établissement de ces deux listes marque une simplification majeure ainsi qu’une « une étape importante » dans la mise en œuvre du règlement-cadre sur les additifs, 1333/2008, adopté en décembre 2008. En effet, les utilisations autorisées des additifs seront désormais répertoriées en fonction de la catégorie de denrées alimentaires auxquelles les additifs peuvent être ajoutés. Ainsi, dans certaines catégories de denrées alimentaires, l’emploi d’additifs ne serait autorisé que de manière très restreinte voire pas du tout. Ce serait le cas notamment pour le yaourt nature, le beurre, la compote, les pâtes alimentaires, le pain blanc, le miel, l’eau et le jus de fruits. Dans d’autres catégories (cas notamment des aliments transformés, comme les sucreries, les sauces, boissons aromatisées ou aliments de grignotage), l’utilisation d’un grand nombre d’additifs serait autorisée. La Commission souligne par ailleurs que la nouvelle législation ne se limite pas à l’établissement de ces deux listes mais qu’elle ose aussi des conditions bien spécifiques d’emploi des additifs dans les produits alimentaires, qu’elle prévoit un système de catégorisation (répertoriant clairement les additifs en fonction des denrées alimentaires dans la composition desquelles ils peuvent entrer), un programme de réévaluation exhaustive de la sécurité des additifs autorisés ainsi que des lignes directrices à l’intention des demandeurs de nouveaux usages des additifs alimentaires.

Feu vert européen au « Stévia »
Le troisième règlement, adopté par la Commission européenne et applaudi par l’industrie, porte sur le « glycosides de stéviol », un édulcorant naturel plus communément appelé « stévia », qui est extrait des feuilles de la plante « Stevia rebaudiana Bertoni », originaire du Paraguay. La Commission a adopté ce règlement autorisant l’usage du stévia dans diverses catégories alimentaires à la suite de l’avis favorable rendu par l’Agence européenne de sécurité des aliments (Aesa). Dans son avis de mars 2010, l’Aesa a conclu que les édulcorants « ne sont pas cancérogènes, génotoxiques ou associés à une toxicité reproductive, et a établi une dose journalière acceptable (DJA) de 4 mg/kg/jour ». L’autorisation du stévia entrera en vigueur début décembre 2011. Des yaourts, des céréales, des boissons, des chocolats ou des édulcorants pourront désormais contenir des extraits de stevia. D’aucuns considèrent que le stévia pourrait très rapidement remplacer l’aspartame ou d’autres édulcorants dans les aliments ou les boissons sans sucre. Le Conseil international de la stevia, qui représente l’industrie du secteur, salue le feu vert de Bruxelles : « Le dernier obstacle du processus réglementaire a été levé », a affirmé Maria Teresa Scardigli, directrice exécutive de ce groupe industriel. Selon elle, l’utilisation du stevia est déjà très courante dans les produits en Asie, en Amérique du Sud et aux Etats Unis.
 
(1) Délai de grâce jugé nécessaire pour permettre au secteur alimentaire européen de s’adapter aux nouvelles règles).
(2) La dose journalière acceptable est la quantité d’un additif alimentaire pouvant être consommée quotidiennement pendant toute la durée de vie sans risque quantifiable pour la santé. 
 

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