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UE/Nanotechnologie L’industrie voit des applications prometteuses dans le domaine alimentaire

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Si elle dispose, comme le soutiennent certains, du potentiel suffisant pour apporter des avantages significatifs à la fois à l’industrie alimentaire et aux consommateurs, la nanotechnologie appliquée aux aliments implique également des risques potentiels pour la santé publique et l’environnement. C’est le thème qui a animé les débats du symposium international sur « La nanotechnologie dans la chaîne alimentaire : opportunités & risques », organisé le 24 novembre à Bruxelles. Le représentant de la CIAA a salué la nanotechnologie comme une nouvelle technologie présentant une multitude d’applications très prometteuses dans les produits alimentaires, les produits transformés et les emballages intelligents.

Le symposium international sur « La nanotechnologie dans la chaîne alimentaire : opportunités & risques », organisé le 24 novembre à Bruxelles par l’Agence fédérale belge pour la sécurité de la chaîne alimentaire, en collaboration avec la Commission européenne et l’AESA (Autorité européenne de sécurité alimentaire), qui a réuni plus de 300 participants, a présenté les connaissances actuelles en matière d’applications, d’opportunités et de risques liés de la nanotechnologie dans la chaîne alimentaire. Il a abordé également les lacunes en matière de connaissance, de législation et de méthodes de contrôle, afin d’informer les décideurs politiques, les représentants des consommateurs, les représentants industriels, les consultants, les chercheurs, etc.
Même si elle considère que l’application des nanotechnologies dans l’industrie alimentaire est encore à un stade précoce, la CIAA (Confédération des industries agroalimentaires de l’UE) considère que cette nouvelle technologie présente une multitude d’applications très prometteuses dans les produits alimentaires, les produits transformés et les emballages intelligents. Son représentant, Mike Knowles, président du groupe de travail de la CIAA sur les nanotechnologies, a indiqué que la contribution des nanotechnologies peut apporter une série de bénéfices incluant notamment l’amélioration de la qualité nutritionnelle des aliments, une plus longue durée de vie des produits frais et transformés ainsi qu’une meilleure connaissance des problèmes de stockage et de sécurité des aliments.

Intérêt pour le secteur de l’emballage d’abord
Selon lui, c’est le secteur de l’emballage qui connaîtra les premières applications des nanotechnologies, ce qui devrait, à ses yeux, permettre notamment le développement d’emballages plus légers, plus résistants et éliminer les emballages inutiles.
Le représentant de l’industrie agroalimentaire estime par ailleurs qu’un cadre réglementaire complet est déjà en place, qui, souligne-t-il, « s’il est efficacement mis en œuvre, a la capacité de gérer la production, l’utilisation et l’élimination des nanomatériaux ». Ce cadre, selon lui, « établit les normes de sécurité les plus élevées et concerne tous les secteurs de l’industrie dans la mesure où il couvre les novel foods, les additifs alimentaires, les arômes et les matériaux en contact avec les aliments ». La CIAA estime d’autre part nécessaire de se mettre d’accord sur une définition commune des nanomatériaux. Aux yeux des industriels, il est indispensable de faire la distinction « entre la présence naturelle de nanoparticules (comme dans les molécules de protéines, de matières grasses ou de sucre) et leur présence à travers des techniques de transformation » (comme le broyage ou l’homogénéisation). « Nous croyons qu’il y a un besoin d’évaluation de sécurité adéquate sur une base cas par cas, lorsque l’utilisation des nanotechnologies donne lieu à des modifications dans les produits ou procédés existants », a précisé Mike Knowles.

Le point crucial de l’information des consommateurs
Tout au long des interventions lors du Symposium sur les nanotechnologies s’est posée la question centrale de l’information et de l’acceptation de cette nouvelle technologie par les consommateurs. Comment les amener à changer de mentalité ?, a demandé un chercheur espagnol. Comment leur expliquer que les nanomatériaux alimentaires n’entrent pas en concurrence avec les produits agricoles naturels ? Le citoyen européen lambda n’est – en principe – pas opposé à la science mais il aime bien savoir quels sont les bénéfices qu’il peut tirer des nanotechnologies. Et cela, on ne le lui a jamais expliqué. Selon certains rapports, les entreprises qui vendent des produits contenant des nanotechnologies minimiseraient ou cacheraient délibérément qu’elles le font, par crainte d’une réaction négative, voire violente, des consommateurs. On se souvient du fiasco des aliments génétiquement modifiés des années 90 qui a vu les grandes surfaces retirer de leurs rayons ce type de produits. Robert Madelin avait fait remarquer qu’il serait inutile de développer de nouveaux produits si le marché n’est pas prêt à les vendre. On se souvient aussi que l’ancien directeur général de la DG Sanco, Robert Madelin, avait souvent incité l’industrie et la grande distribution à se mettre en première ligne pour expliquer les risques et les bénéfices éventuels d’avancées technologiques comme les nanotechnologies.

L’industrie trop timide ?
Au symposium sur les nanotechnologies, Eric Poudelet, le directeur en charge de la sécurité alimentaire au sein de la Commission européenne, a répété le même message aux participants : « Communiquez auprès des consommateurs pour qu’ils perçoivent le bénéfice de vos produits contenant des nanoparticules, s’il y en a un ». Il a cité l’exemple de l’industrie des cosmétiques qui n’hésite pas à vanter tel ou tel de ses produits contenant des vitamines « A » sous forme de nanoparticules. Considérant que c’est à l’industrie qu’il revient de développer cette communication, il a jugé « regrettable que l’industrie reste bien timide pour accomplir un pas dans cette direction ». Eric Poudelet a affirmé que les consommateurs « demandent à être informés pour choisir intelligemment leurs aliments » et que très peu d’entre eux – selon des enquêtes menées pour la Commission – étaient au courant des nanotechnologies. « Il faut donc les informer tout en veillant toutefois à ne pas les tromper ». Il a indiqué que toute la législation sur l’information des consommateurs était en cours de révision et que l’étiquetage des produits à base de nanoparticules était spécifiquement prévu. Il a annoncé que la Commission allait publier d’ici juin 2011 un rapport général sur le problème de la législation des nanotechnologies dans tous les secteurs. Il a indiqué que les pays en dehors de l’UE (notamment les Etats-Unis) développent des produits à base de nanoparticules et que « ces produits viendront un jour sur le marché européen et qu’il est nécessaire pour l’UE de disposer d’instruments capables de vérifier si ce type de produits sont conformes à la législation européenne ».

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