Métaux lourds, phytos, mycotoxines… ces substances présentes dans notre environnement et les interactions entre elles, appelées effet cocktail, préoccupent les autorités sanitaires. Leur nombre est infini. L’Anses a fait un point sur les méthodes existantes pour cibler les cocktails à surveiller, le 16 octobre. Un enjeu d’avenir pour les évaluateurs de risques qui peinent à donner matière à réglementer.
« Les effets cocktails entre les molécules auxquelles nous sommes exposés (phytos, métaux lourds, mycotoxines…) sont sources de préoccupation pour les évaluateurs de risques », a déclaré Roger Genet, directeur de l’Anses lors d’un colloque organisé à Paris, le 16 octobre. Une des raisons est le nombre quasiment infini de combinaisons possibles. En effet, les experts estiment à 150 000 le nombre de substances différentes présentes dans notre environnement. « Nous sommes incapables d’étudier tous les mélanges possibles », poursuit-il. Néanmoins, les chercheurs travaillent à des méthodes permettant de cibler les combinaisons pertinentes selon le danger et le risque d’exposition qui les caractérisent.
Une réglementation européenne en cours
Ce défi posé aux scientifiques et aux évaluateurs de risques commence à peine à entrer dans le monde réglementaire. Karine Angeli, experte à l’Anses sur ces questions, explique que « dans le contexte réglementaire européen des phytos, des outils sont actuellement développés pour mettre en œuvre une évaluation des risques cumulés associés à l’exposition à de multiples pesticides via l’alimentation ». Cette évolution est très attendue car pour l’heure, rappelle-t-elle, il existe une approche d’évaluation des risques « substance par substance ». Elle ne permet pas de prendre en compte les mélanges de substances.
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Le passage obligé de la recherche de financement
Pour y parvenir, Roger Genet a rappelé qu’il faut poursuivre le financement de ces travaux. La recherche sur les effets cocktails est financée notamment dans le cadre du Programme national de recherche environnement santé travail (PNREST), un plan dédié à la production de connaissances pour les évaluateurs de risques. Il a permis de doter pour 6 à 8 M€ des projets de recherche. Par ailleurs, l’Agence nationale de la recherche aurait aussi dédié entre 7 et 10 M€. Enfin, le directeur de l’Anses a rappelé que Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique, a annoncé une enveloppe de 2 millions d’euros pour étudier les perturbateurs endocriniens, des substances concernées par la problématique des effets cocktails.
« Des outils sont actuellement développés pour mettre en œuvre une évaluation des risques associés à l’exposition à de multiples pesticides via l’alimentation »