Les derniers chiffres provisoires publiés par l’Insee montrent une augmentation de 0,6 % des prix à la consommation sur un an en décembre. La légère remontée de l’inflation devrait se poursuivre en 2017.
Après deux années d’inflation quasi nulle, les prix à la consommation en France ont légèrement augmenté en 2016, portés par la remontée des prix du pétrole. Un phénomène qui devrait se poursuivre en 2017, avec des probables conséquences sur le pouvoir d’achat des ménages. Les prix à la consommation en France ont augmenté de 0,3 % en décembre par rapport au mois de novembre, selon une estimation provisoire publiée le 3 janvier par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). À l’origine de cette progression : le rebond des prix de l’énergie, mais aussi la hausse saisonnière des prix des services, liée "essentiellement à ceux des transports aériens", précise l’organisme public dans un communiqué. Sur un an, les prix à la consommation ont augmenté de 0,6 %, contre 0,5 % un mois plus tôt. "Cette légère augmentation de l’inflation serait le fait de la hausse plus prononcée sur un an des prix de l’énergie et des produits alimentaires", note l’Insee.
Facteur exogène
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L’indice des prix harmonisés IPCH, qui permet les comparaisons avec les autres pays de la zone euro, a pour sa part progressé de 0,8 %, soit son rythme le plus élevé depuis mai 2014. "On a évité le scénario d’une spirale déflationniste, en grande partie grâce aux efforts de la banque centrale européenne", analyse Éric Heyer, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Pour Éric Heyer, le retour de l’inflation, perçue comme un signe de bonne santé économique lorsqu’elle se situe à un niveau modéré, reste néanmoins fragile. "La cible que s’est fixée la BCE est à 2 %. On en est encore loin", rappelle le chercheur.
Selon l’Insee, le redémarrage de l’inflation ces derniers mois s’explique en grande partie par la hausse des cours du pétrole, actuellement proches de 55 dollars le baril, après être tombés sous la barre des 30 dollars en début d’année. Un facteur exogène qui "ne devrait plus jouer au cours des prochains mois, car les prix du pétrole devraient se stabiliser", note encore Éric Heyer.
D’après l’Insee, l’inflation devrait augmenter au premier semestre, mais à un rythme modéré, de 1 % en rythme annuel en juin 2017. Pour l’ensemble de l’année, le gouvernement a prévu une hausse de 0,8 %, quand la Banque de France table sur une progression de 1,2 %, avant 1,4 % en 2018. Reste que dans un contexte de croissance faible, la légère reprise de l’inflation pourrait gréver le pouvoir d’achat des Français. "Si les prix augmentent plus vite que les salaires, mécaniquement, ça va mordre sur le pouvoir d’achat des Français", résume Éric Heyer, qui parie néanmoins sur un maintien de la consommation cette année à son niveau de 2016.