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Financement L’innovation ne ralentit pas dans l’agroalimentaire, selon Oséo

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La conjoncture maussade et contrastée de 2010 n’a pas empêché des PME de l’agroalimentaire de se distinguer par leurs innovations ou par leurs initiatives sur les marchés étrangers. Ce sont les mêmes d’ailleurs, selon une étude conjointe d’Ubifrance et d’Oséo, qui étant les plus innovantes sont aussi les plus performantes à l’export. Comme le relate le dernier rapport sectoriel annuel d’Oséo, l’accompagnement et le soutien au développement de ces entreprises dynamiques a permis de bien utiliser les fonds importants dont dispose l’établissement financier public depuis deux ans. Sans négliger ses efforts de prospection liés à l’augmentation de son budget, Oséo a aussi répondu à un afflux spontané de bons dossiers tout-à-fait dans la ligne des années précédentes.

Le bilan établi par Ariane Voyatzakis, responsable sectoriel de l’agroalimentaire chez Oséo, ne fait état d’aucun ralentissement de l’innovation dans le secteur agroalimentaire. Le montant total des aides attribuées à ce secteur par l’établissement financier en 2010 s’élève à 31 millions d’euros, dont 21 M EUR pour l’industrie alimentaire et 10 M EUR pour l’agriculture. Un an plus tôt, ces montants étaient respectivement de 21,6 M et 9,4 M EUR.

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Avec les projets d’innovation straté­gique industrielle (ISI) appliqués au secteur, le total du soutien d’Oséo à l’ensemble agroalimentaire s’élève à 52 M EUR. 400 projets ont été soutenus, dont 115 aides au développement sur budget d’Oséo.

A l’image du tissu industriel au niveau national, les entreprises soutenues dans le secteur agroalimentaire sont en grande majorité des PME. Près de 90 % d’entre elles emploient moins de 250 salariés. Elles sont pour la plupart en phase de développement puisque 60 % ont en réalité 10 ans au moins d’existence.
Plus de la moitié (54 %) des pro­jets soutenus sous forme d’aides à l’innovation sont des projets collaboratifs, c’est-à-dire bâtis en partenariat avec un laboratoire de recherche, un centre technique ou un industriel tiers (voir Tableau).
 
Le tremplin des pôles de compétitivité
En 2010, Oséo a accordé 12,2 M EUR aux projets issus des pôles de compétitivité agroalimen­taires, ce qui représente un tiers des aides à l’innovation au secteur.
En outre, l’établissement financier gère pour le compte de l’Etat le Fonds unique interministériel (FUI). Pour les deux appels à projets du FUI en 2010, 19 projets ont été soutenus dans les pôles de compétitivité agroalimentaires, soit 13 % du total des projets tous secteurs confondus.
Enfin, Oséo a décidé de soutenir 3 projets d’innovation stratégique industrielle (ISI) dans le secteur agroalimentaire en 2010 pour un montant total de 21,2 M EUR.
Dans le secteur des IAA, les projets d’équipements, de diététique (notamment pour des compléments alimentaires) et de transformation de fruits et légumes comptent le plus grand nombre de ruptures technologiques et se retrouvent en tête des secteurs bénéficiaires des aides Oséo.
Alors que les ingrédients pour la santé étaient en tête des financements en 2009, les équi­pements et outils de mesure-contrôle sont passés premiers en montant total d’aides en 2010. Cette année 2010 a été marquée par d’impor­tantes innovations pour le développement de nouveaux procédés à partir des champs électriques pulsés, du chauffage ohmique, des hautes pressions ou de la détente ins­tantanée contrôlée. D’une manière générale, les projets en matière d’équipements ont pour objectifs l’automatisation et le contrôle de la production, l’éco-conception des pro­cédés ou encore la sécurité alimentaire. A titre d’exemple, la jeune société Spectralys Innovation, lauréate du concours national de la création d’entreprises innovantes du ministère de la Recherche, a développé, dans le cadre du projet européen ICARE, un capteur optique, basé sur la fluorescence naturelle des aliments, qui permet de mesu­rer en temps réel la teneur des produits en contaminants néoformés.
 
Nutrition-santé : des projets freinés par les contraintes réglementaires
En revanche, note Ariane Voyatzakis, les exigences du règlement européen pour l’autorisation des allégations santé ont été dissuasives pour de nombreuses PME agroalimentaires. En effet, une majorité d’allégations santé dites « génériques » ont été rejetées par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA). Même le groupe Danone a reçu un avis négatif pour son produit « Actimel », allé­guant une réduction du risque de diarrhées chez des personnes âgées sous traitement antibiotique en milieu hospitalier. Pour le syndicat national des producteurs d’addi­tifs et d’ingrédients alimentaires, le déve­loppement d’un nouvel ingrédient porteur d’une allégation santé coûte plus de 3 M EUR et nécessite de 5 à 8 ans de recherche. Oséo a participé en 2010 à un groupe de travail, animé par l’association Adebiotech pour le compte de la DGCIS du ministère de l’Industrie, dans le but d’évaluer l’impact de la réglementation sur les allégations santé.
Les producteurs de compléments alimen­taires sont obligés de se conformer à cette réglementation. Oséo soutient les études scientifiques et cliniques permettant de justifier une allégation santé. Les produits de diététique, notamment les com­pléments alimentaires, ont donc bénéficié d’une part importante des financements en 2010. Par exemple, l’Institut Biophytis a été soutenu pour le développement clinique d’actifs naturels : le Quinolia agissant sur le tissu adipeux et le Bixilia diminuant les effets néfastes des rayons UV. La société Nutriset développe des compléments ali­mentaires pour le traitement et la prévention de la malnutrition dans les pays en voie de développement.
Outre la santé, beaucoup de nouveaux pro­duits mettent en avant la naturalité, comme par exemple les substituts au sucre. L’en­gouement pour un nouvel édulcorant natu­rel, le rébaudioside A, extrait de la plante Stevia rebaudiana, récemment autorisé sur le marché français, a suscité plusieurs pro­jets d’innovation. La société Nutritis a, pour sa part, déve­loppé des sucres de fruits naturels à faible index glycémique