Abonné

Réduction des intrants L’Inra crée deux nouveaux groupements d’intérêt scientifique

- - 3 min

A la veille de l’ouverture du Salon de l’agriculture, l’Inra a annoncé le lancement de deux nouveaux groupements d’interêt scientifique afin de diffuser ses innovations techniques respectueuses de l’environnement vers les agriculteurs. Après les cultures légumières et les grandes cultures, l’institut de recherche crée donc un groupement portant sur l’élevage et un autre orienté vers la relance agronomique.

Lors de sa conférence de presse du 23 février, l’Inra a annoncé la création de deux nouveaux Groupements d’intérêt scientifique (GIS) sur l’élevage et la relance agronomique. La mission de ces systèmes collaboratifs sera de tester et valider des innovations pour rendre leur diffusion possible auprès de agriculteurs tout en respectant « un cahier des charges économique, environnemental et social », a souligné Laurent Lapchin, directeur scientifique adjoint de l’Inra en charge de l’environnement. « Quelques fois, une innovation fonctionne mais le contexte (économique, politique…) fait qu’elle n’est pas adoptée », précise Marion Guillou, p. -d. g. de l’Inra. L’objectif est de favoriser l’acceptation par les exploitants d’une agriculture à faible niveau d’intrants en faisant sauter ces verrous. Ce travail se fera en association avec les agences de l’eau, les instituts techniques, les lycées agricoles, et des réseaux de fermes pilotes. Le GIS « relance agronomique » coiffera le nouveau groupement « élevage » ainsi que ceux portant sur la production intégrée en « cultures légumières » et en « grandes cultures » lancés ces dernières années. D’autres groupements en arboriculture et vigne devraient voir le jour prochainement.

Des insectes mangeurs de graines
Dans cette démarche, la biodiversité qui est mise à l’honneur par l’Inra sur son stand à l’occasion du Salon de l’agriculture joue aussi un rôle central. Des études récentes de l’Inra montrent que l’agriculture par l’intensification des productions et la simplification du paysage a une influence négative sur la biodiversité. Pourtant, pour relever le défi d’un production plus durable, l’agriculture va devoir s’appuyer sur les services rendus par les écosystèmes. Exemple : certains carabes, des insectes auxiliaires surtout connus pour manger les limaces et les escargots, se nourrissent également de graines de « mauvaises herbes ». Favoriser la présence de ces espèces est une piste qu’explore l’Inra de Dijon pour améliorer la robustesse des systèmes à bas niveau d’intrants. « Les herbicides sont extrêmement efficaces. A cette technique nous voulons essayer de substituer des systèmes partiels pour contrôler les mauvaises herbes : rotations de cultures, désherbage mécanique, faux semis… », explique Xavier Reboud, directeur de recherche sur les adventices à l’Inra de Dijon. Il faut vérifier que ces méthodes nouvelles sont efficaces mais surtout applicables par les agriculteurs en s’intégrant dans les itinéraires techniques. C’est là qu’entrent en jeu les GIS. En plus ces regroupements permettent de recueillir les innovations mises en place directement par les agriculteurs de manière empirique et de voir si elles peuvent être généralisées. Un bon moyen de réconcilier recherche et agriculture et de valoriser une profession qui compte beaucoup sur le développement durable pour redorer son blason.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

institut de recherche
Suivi
Suivre