L’Inra devenue l’Inrae a fusionné le 1er janvier avec l’Irstea, organisme de recherche publique expert de l’environnement. L’Inrae a été présenté le 8 janvier par son p.-d.g. Philippe Mauguin, entouré de plusieurs de ses directeurs, lors d’une conférence de presse. Le « e » qui s’ajoute au sigle « Inra » marque l’ouverture de l’institut aux préoccupations liées à l’environnement et au l’écologie, que les dirigeants de l’Inrae estiment indissociables des sujets agronomiques.
Prononcez désormais « Inrae », pour Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, le nouvel établissement issu de la fusion de l’Inra et de l’Irstea. L’Inra, l’Institut national de la recherche agronomique, n’avait pas changé d’acronyme depuis sa création en 1946.
L’Irstea était l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture. Son domaine de compétence était celui des risques liés à l’eau (inondations, sécheresse), la réduction de l’usage des pesticides, la valorisation des déchets organiques, la biodiversité, l’agriculture numérique.
Une partie des missions de l’Irstea était de produire des connaissances (et des solutions) sur le cycle de l’eau, la dégradation des sols (érosion, bétonnage des terres, l’épuisement des ressources fossiles). Ces missions seront intégrées dans le nouvel institut de recherche. L’Inrae reprendra, entre autres, les travaux de l’Irstea sur la réutilisation des eaux usées pour l’irrigation des cultures.
Un budget de 1 milliard d’euros
Le nouvel institut regroupera 12 000 chercheurs, dont une très grande partie proviendront de l’Inra. Il disposera d’un budget de plus d’un milliard d’euros. « Sur le plan international, Inrae devient le premier organisme mondial de recherche spécialisé à la fois dans les domaines de l’agriculture, de l’alimentation et de l’environnement », s’est félicité Philippe Mauguin.
L’Inra était le second organisme de recherche agronomique derrière les Américains, en termes de nombre de publications scientifiques, et se trouve conforté par les compétences de l’Irstea, notamment dans le domaine du cycle de l’eau, ses dérèglements (inondations, sécheresse) et l’agriculture numérique.
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L’importance des enjeux alimentaires, nutritionnels, climatiques et de pérennité des ressources naturelles (y compris le sol et l’eau), pour une planète qui devra faire vivre 2 milliards d’habitants en plus en 2050, appelle des besoins de recherche, et justifie un tel organisme de recherche publique, selon Philippe Mauguin.
Appui aux politiques publiques
Cet organisme aura une direction générale consacrée à l’expertise et à l’appui aux politiques publiques. Cette expertise est déjà appelée par l’Union internationale de la conservation de la nature (UICN). L’agenda d’Inrae se remplira vite, avec l’élaboration d’un plan stratégique « Inrae 2030 », projet « que nous avons voulu participatif », a précisé Philippe Mauguin.
Ce plan sera discuté en interne, puis confronté à l’extérieur avec les acteurs sociaux et économiques et aussi avec des organismes de recherche internationaux. La réflexion donnera lieu à un séminaire en avril prochain.
Que fera mieux l’Inrae que l’Inra et l’Irstea chacun de leur côté ? Toutes les explications délivrées à cette conférence de presse peuvent se résumer cette idée selon laquelle on ne peut pas traiter une thématique, comme l’agronomie, sans faire appel aux connaissances sur l’environnement (biodiversité, capacité de la matière organique à retenir l’eau, capture du CO2). « Il faut arrêter de raisonner en filières séparées », a indiqué Monique Alexos, directrice scientifique de l’alimentation et de la bioéconomie.
Forte interdépendance entre l’expertise agronomique et l’expertise de l’environnement