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Financement L’Inra et Natixis créent un fonds d’amorçage

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Inra Transfert et Seventure créent une société originale dédiée à la maturation des technologies les plus prometteuses issues de la recherche agronomique pour accélérer l’émergence de jeunes entreprises innovantes. Un moyen de faire jouer davantage « la culture de la valorisation » au sein de la communauté des chercheurs en sciences du vivant.

Inra Transfert, filiale de l’Inra, et Seventure Partners, filiale de Natixis Private Equity, s’associent pour créer une société originale en joint venture, dénommée ABA (Agro Biotech Accélérateur) qui soutiendra chaque année quelques projets issus principalement de l’Institut de la recherche agronomique, afin de préparer l’émergence d’entreprises innovantes et prometteuses L’objectif final commun d’Inra Transfert et de Seventure Partners est la création d’entreprises solides et d’emplois pérennes notamment dans les domaines à fort potentiel comme les écotechnologies, la nutrition, les biotechnologies industrielles, ou l’agronomie, enjeux importants pour l’Europe et la planète.

Depuis sa création, Inra Transfert a contribué de façon très importante au développement de cette culture de valorisation de la recherche au sein de notre l’institut, permettant le développement de plus de 40 jeunes entreprises et la signature de plus de 350 licences. Ce processus doit encore s’accélérer et permettre aux meilleures inventions de donner naissance à des entreprises encore plus fortes, grâce à ABA et à ses partenaires.

Tenir compte de la longueur des délais de maturation

La société Agro Biotech Accélérateur sera dédiée aux projets valorisant des recherches de l’Inra en sciences du vivant, un domaine où les délais de maturation sont particulièrement longs. Amener les projets à maturité est la seule façon de donner des chances de succès aux créations de start-up, au moment où les financements sont difficiles à obtenir, ont observé les promoteurs de la nouvelle société. L’objet d’ABA est de financer des projets de recherche en phase de maturation en vue d’une valorisation industrielle, ce qui demeure le maillon faible du processus de valorisation.

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Grâce à ses fonds propres, ABA pourra financer les dernières étapes de recherche et de preuve de concept des projets sélectionnés, notamment en recrutant des personnels ad hoc, afin de permettre aux projets d’atteindre la maturité nécessaire à la création et au succès de nouvelles entreprises basées sur les technologies ainsi mises au point.

Pour Pascal Azadian, le nouveau directeur général d’ABA, « cette étape de maturation sur laquelle ABA interviendra est essentielle. Pour donner toutes leurs chances aux innovations des chercheurs de l’Inra, une très grande attention doit être accordée à la période précédant la création d’une nouvelle entreprise : démarrée trop tôt, les technologies de l’entreprise, faute de validations de leurs applications, ne pourront pas être acceptées par ses clients et par les investisseurs spécialisés. ABA offre donc une nouvelle approche, véritable passerelle de survie entre la découverte et le dépôt de brevets, et la création de jeunes entreprises innovantes. ABA entend accélérer les transferts de technologies en provenance de l’Inra vers la création d’entreprises créatrices de richesses sur le territoire national. Toute l’équipe d’ABA, en partenariat étroit avec celles de Inra Transfert, se mobilisera pour ces projets et la réussite de leur transformation en entreprises innovantes bien structurées »

Susciter cinq à six start-up d’ici quatre ans

ABA pourrait financer cinq à six projets d’ici quatre ans, prévoit le directeur d’Inra Transfert, Philippe Lénée, qui s’engage à sélectionner chaque année une dizaine de projets pour en retenir ceux qui seront les plus à même d’aboutir à des start-up. Les chercheurs bénéficieront alors d’un soutien financier sur deux ans pour des travaux de recherche et développement et d’un accompagnement d’une équipe ABA pour aider à définir le marché, à analyser les projets concurrents et à recruter le personnel de la future start-up. Ensuite, Seventure participera probablement au premier tour de table, explique Pascal Azadian. La filiale de Natixis Private Equity se dotera ainsi d’un ob-servatoire en réel et d’une sorte de droit de premier regard sur les meilleurs projets issus de l’Inra dans les domaines porteurs que sont l’agronomie, la nutrition, le développement durable,… Inra Transfert apporte bien sûr dans la corbeille son expérience de conseil en valorisation de brevets et de montage de programmes collaboratifs nationaux et européens. Depuis près de quatre ans la filiale de l’Inra monte une dizaine de ces projets européens coordonnés par l’INRA chaque année et obtient de 30 à 50 % de succès auprès de la Commission européenne, rappelle Philippe Lénée. Avec 350 brevets en portefeuille, dont un quart intéressant l’agroalimentaire, la société a perçu en 2008, 6.1 M EUR de chiffre d’affaires de redevances que l’INRA verse notamment aux chercheurs et aux laboratoires Inra. Une activité qui aujourd’hui a déjà dépassé son point d’équilibre.