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Sécheresse L’Inra explore des pistes pour aider les éleveurs

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L’Inra planche sur des solutions à apporter aux éleveurs pour face aux sécheresses. A court terme, Jean-François Soussana, directeur de recherche de l’Institut, estime que les prairies permanentes devront être entretenues à la fin de l’été pour rester productives les années à venir. Pour le futur, les élevages vont devoir revoir profondément leurs systèmes pour mieux résister au manque d’eau en limitant le chargement à l’hectare et la dépendance au maïs.

Difficile de dire aujourd’hui si la sécheresse actuelle peut être attribuée directement au réchauffement climatique. De toute façon, dans les années à venir, ce type d’épisode sera amené à se répéter. L’Institut national de la recherche agronomique (Inra) se penche sur les solutions à apporter aux éleveurs pour faire face à ces épisodes de manque d’eau. Pour ce qui est du court terme, « nous sommes en train d’étudier la possibilité de traiter les pailles (avec de l’ammoniac ou de l’urée) pour améliorer leur digestibilité », explique Jean-François Soussana, directeur de recherche Environnement de l’Institut. Une solution technique simple qui peut être mise en œuvre en période de crise comme aujourd’hui. « Mais le faible niveau de performances des animaux indique que de tels régimes alimentaires ne sont à conseiller en cas de disette que pour des animaux à faible niveau de production ou à l’entretien », précise le chercheur. Par ailleurs, dans les prairies permanentes, une forte mortalité des espèces fourragères a été observée en 2003. La production était néanmoins revenue à son niveau normal 6 mois plus tard. Seules certaines avaient disparu, notamment des légumineuses comme le trèfle. « A l’issue de l’épisode de sécheresse que nous connaissons, certains agriculteurs seront amenés à mettre en œuvre des techniques inhabituelles d’entretien de leurs prairies comme le sur-semis pour éviter d’aller jusqu’à les retourner (ce qui est très mauvais en termes d’émissions de gaz à effet de serre) », explique Jean-François Soussana.

Limiter le chargement à l’hectare

A plus long terme, l’Inra travaille à l’adaptation des systèmes d’élevage aux aléas climatiques. Une piste étudiée consiste à avoir recours à des prairies tampons – peu ou pas utilisées en temps normal (parce que de mauvaise qualité ou éloignées du reste de l’exploitation) – et mises en pâture lors des périodes de sécheresse. Une stratégie qui remet en cause l’augmentation actuelle du chargement à l’hectare. « Il est probable qu’il faille trouver un équilibre entre des systèmes très intensif (qui sont les plus rentables en temps normal) et d’autres plus extensifs qui résistent mieux à la sécheresse ». De plus, la part de maïs qui augmente dans les systèmes d’élevage, laitiers notamment, contribue à leur vulnérabilité quand il y a des restrictions d’usage de l’eau.
Mais le réchauffement climatique peut aussi apporter des opportunités. La production de fourrages devrait se faire plus tôt au printemps et plus tard en automne. Le problème c’est qu’entre les deux, l’été sera beaucoup plus sec. Certains éleveurs pourraient être amenés à constituer des stocks de fourrages pour l’été, ce qui sera un changement profond de leur système. Une sècheresse telle que celle qui touche aujourd’hui la France montre que la question n’est plus « faut-il changer de système » mais « quand » en changer.

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